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"Il portait ce qui ressemblait à des brûlures de cigarettes": des peines de 18 mois et 5 ans de prison pour maltraitances sur un bébé de 10 mois

Le ministère public a requis mardi matin devant le tribunal correctionnel de Charleroi des peines de 18 mois et de 5 ans de prison à l'encontre respectivement de A.M. et O.M., deux prévenus poursuivis pour privations d'aliments et de soins, non-assistance à personne en danger et coups et blessures sur l'enfant de la première, âgé de 10 mois. Le second, beau-père du bébé, est également poursuivi pour des coups et blessures sur sa compagne de l'époque.

Le 21 mai 2019, l'enfant de la prévenue est emmené à la clinique Notre Dame de Grâce de Gosselies, puis transféré vers l'hôpital de Jolimont. "C'est la grand-mère maternelle qui a donné l'alerte. Elle venait voir son petit-fils et sa fille à leur domicile quand elle a remarqué l'état de santé inquiétant du petit", a confirmé Me Lagneau, tutrice ad hoc représentant les intérêts du mineur.

Le personnel médical a constaté la présence de multiples hématomes sur le dos, le visage, l'arrière de la tête et les pieds du bébé. "Il portait également ce qui ressemblait à des brûlures de cigarettes, selon le médecin légiste. Il y a eu suspicion de maltraitances et la police et la justice ont été alertées", a précisé l'avocate. Une forte déshydratation de l'enfant a également été constatée. Ce dernier pesait un kilo de moins que lors de son dernier examen médical, le mois précédent.

Poursuivie pour non-assistance à personne en danger et pour privation d'aliments et de soins, A.M. confirme avoir remplacé le lait de croissance pour bébé avec du lait demi-écrémé. "C'était moins cher. J'aurais dû demander conseil auprès d'un médecin." O.M., son compagnon de l'époque et beau-père du petit, est poursuivi par défaut pour privation d'aliments et de soins, mais également pour des coups et blessures sur le mineur et sur son ex-compagne. "Au début, il avait des paroles très dures envers mon fils. Ensuite, il y a eu des petits coups, mais je n'ai pas tout vu. J'avais tellement peur de ses réactions et j'aurais dû prévenir la police", a signalé A.M.

Le ministère public a requis une peine de 18 mois de prison contre la mère de famille. "Je vois que la prévenue est désormais investie et qu'elle a un comportement adéquat avec son fils grâce au suivi strict dont elle a bénéficié. L'enfant évolue bien et est désormais à l'école maternelle. Je suis contente de l'évolution de la situation, mais je pense qu'il ne faut pas oublier ce qu'il s'est passé", a souligné la substitute du procureur.

Une peine de 5 ans de prison, par défaut, a été sollicitée contre O.M. Me Sanzot, à la défense de la mère de famille, a plaidé un acquittement pour la privation d'aliments et de soins et une suspension du prononcé pour la non-assistance à personne en danger. "Elle est tombée enceinte à l'âge de 18 ans. Elle a fait la mauvaise rencontre du prévenu, le beau-père du petit, dont elle était amoureuse. Elle n'a jamais eu la volonté de compromettre la santé de son fils. Le caractère volontaire de la prévention de privation d'aliments et de soins n'est pas présent."

Jugement le 6 septembre prochain.

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