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Les photographes femmes, stars des Rencontres d'Arles cet été

Opprimées, libérées, témoins d'une époque: les femmes seront à l’affiche de la 53e édition des Rencontres photo d’Arles, festival de renommée mondiale, derrière l’objectif et plus seulement devant, à l’instar de Lee Miller, muse de Man Ray mais aussi photographe de guerre.

"On a voulu rendre visibles celles qui sont longtemps restées invisibles", a souligné Christoph Wiesner, directeur du festival, lors de la conférence de presse de présentation du festival mardi à Arles.

Exposition phare de cette édition qui s'ouvrira le 4 juillet, encore inédite en France, "Une avant-garde féministe des années 1970" sera présentée tout l'été à l’atelier de la Mécanique, sur l'ancien site des ateliers ferroviaires transformé en centre culturel.

Des artistes femmes pour lesquelles la photographie a été "l’un des moyens d’expression majeurs d'émancipation pour se révolter, comme le dit Lucy Lippard [ndlr: historienne de l'art américaine], +contre le culte du génie masculin+", a développé M. Wiesner.

Dans la continuité de cette exposition, l’église Sainte-Anne présentera aux festivaliers l’œuvre de la photographe française Babette Mangolte et ses clichés de danse dans le New York des années 1970, plaçant le spectateur au cœur de la performance.

Le mouvement des corps toujours, mais vieillissants cette fois, est aussi exploré par l'Américaine Susan Meiselas et sa "cartographie du corps" immersive et acoustique.

Elle aussi témoin du temps qui passe, Léa Habourdin plongera les visiteurs au cœur des forêts primaires, dont elle a développé des clichés sur des tirages ne résistant pas à la lumière du jour, et qui vont donc muer entre le début et la fin de l'été, le temps de leur exposition.

Les Rencontres ont souhaité cette année "retravailler le personnage" de Lee Miller, mannequin souvent réduite à sa collaboration avec l'artiste Man Ray, qui fut aussi, pourtant, une portraitiste de talent et une photographe de guerre accompagnant l'armée américaine en Europe à la Libération.

La guerre sera aussi présente dans une autre exposition-phare, qui retrace 160 ans de photos d'action humanitaire grâce aux archives de la Croix-Rouge.

Cette édition sera dédiée à Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres pendant plus de 20 ans, décédé début mars. Celui qui a "réinventé la mise en scène" de la photo dans des lieux insolites "incarnait avec une élégante modestie et une générosité joyeuse l’âme et les valeurs portées par le festival", selon le président du festival, Hubert Védrine.

Quarante expositions seront présentées à Arles du 4 juillet au 25 septembre et 15 dans le cadre du "Grand Arles Express", c’est-à-dire dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

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