Accueil Actu Magazine Culture

La star Roberto Alagna se réinvente dans une "opérette d'aujourd'hui"

"Opéra ou comédie musicale, c'est pareil, c'est de la musique. J'aime et je respecte tous les genres!": aux Folies Bergère à Paris, le ténor star Roberto Alagna est à l'affiche pour la première fois dans un spectacle façon Broadway, où il campe le gangster Al Capone.

"L'opéra, mon premier amour, est éternel. La comédie musicale, c'est l'opérette d'aujourd'hui dans la continuité des opérettes d'Offenbach ou de Strauss", affirme à l'AFP la star franco-italienne, à l'affiche jusqu'au 5 mars.

Un des meilleurs ténors de notre époque, Roberto Alagna, né de parents siciliens en Seine-Saint-Denis, avait débuté dans des cabarets, avant de remporter à 25 ans, en 1988, le concours Pavarotti (son idole); il démarre alors une carrière internationale sur les plus grandes scènes du monde.

Dans cette première comédie musicale en français dédiée au "caïd" des années 1920, en pleine prohibition, le spectacle écrit et composé par Jean-Félix Lalanne est basé sur une intrigue inventée de toutes pièces.

A la poursuite d'Al Capone, l'agent du Trésor américain Eliot Ness et Rita, la soeur du gangster, tombent éperdument amoureux. Une idylle qui rebat brutalement les cartes entre les deux ennemis jurés, se retrouvant aux prises d'un redoutable dilemme.

- "Roméo et Juliette à Chicago" -

"C'est Roméo et Juliette à Chicago!", résume Roberto Alagna qui partage l'affiche avec la chanteuse Anggun dans le rôle de la compagne de Capone. Eliot Ness est interprété par le chanteur québécois Bruno Pelletier, révélé avec le personnage de Gringoire dans la comédie musicale "Notre-Dame-de-Paris". La chanteuse Kaïna Blada complète le casting dans le rôle de Rita.

"Dès le départ, Jean-Félix Lalanne a pensé à moi pour jouer Al Capone. J'ai été emballé à la première écoute. Quand quelqu’un arrive à me séduire et me charmer, je me jette corps et âme!", ajoute le chanteur, qui a tenu une soixantaine de rôles en plus de 35 ans.

"C'est intéressant de se plonger dans les états d'âme d'un malfrat. J'ai lu tout ce que je pouvais, j'ai regardé de nombreux films et documentaires", précise-t-il.

Il explique sur le plan technique, "ce qui change avec l'opéra où l'on doit projeter sa voix, c'est de chanter avec un micro".

"Dans l'exercice de la comédie musicale, je dois me contrôler pour ne pas trop envoyer", confie Roberto Alagna.

D'un budget de 5 millions d'euros, "Al Capone", produite par Jean-Marc Dumontet avec tous les codes de Broadway, réunit 35 artistes --comédiens, chanteurs et danseurs--, dont un orchestre sur scène.

La mise en scène très cinématographique est signée Jean-Louis Grinda, le directeur des Chorégies d'Orange, festival populaire d'opéra où Alagna avait chanté "Samson et Dalila" en 2021. Les chorégraphies ont été confiées à Caroline Roëlands ("Cole Porter" au Châtelet").

Pour Jean-Félix Lalanne, Al Capone est un personnage qui l'a toujours fasciné. "Je me suis toujours demandé comment se faisait-il que celui qui traite ses ennemis d’une manière toujours expéditive, était aussi indulgent avec Eliot Ness. J'ai inventé une réponse...", explique l'auteur et compositeur.

Roberto Alagna ne s'était jamais produit encore aux Folies Bergère, longtemps haut-lieu parisien des spectacles musicaux, des strass et des plumes.

"Cette salle m'a toujours fait rêver... A 17 ans, je travaillais mes premiers opéras dans le quartier avec mon professeur, Rafael Ruiz", se souvient-il. "Si ça marche, nous ferons une tournée. C'est l'occasion pour moi de chanter devant de nouveaux publics et cela me ravit", ajoute le chanteur.

"Je compte bien proposer le spectacle à des maisons d'opéra et des orchestres symphoniques, notamment le Metropolitan de New York, après sans doute les Chorégies d'Orange".

À lire aussi

Sélectionné pour vous