(Belga) La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a dénoncé vendredi "l'inconscience" de Donald Trump après sa menace d'imposer des tarifs douaniers pour forcer le Mexique à agir contre l'afflux de migrants clandestins aux Etats-Unis et le trafic de drogues.
"Une nouvelle fois, le président sème le chaos à la frontière" entre les deux pays "au lieu de donner des solutions aux travailleurs et consommateurs américains", a réagi la présidente de la Chambre des représentants. Donald Trump "a démontré une méconnaissance encore plus profonde de l'inconscience de ses actes en menaçant d'imposer des tarifs douaniers au Mexique", quelques heures à peine après avoir lancé le délicat processus de ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (AEUMC), a poursuivi Mme Pelosi. Le président républicain a annoncé jeudi que les Etats-Unis allaient mettre en place à partir du 10 juin des tarifs douaniers de 5% sur tous les biens en provenance du Mexique, afin de forcer ce pays à remédier à la forte hausse des arrivées de migrants venus d'Amérique centrale. Ces droits de douane augmenteront progressivement jusqu'à 25% "tant que le problème de l'immigration clandestine n'est pas résolu", a prévenu M. Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un des fers de lance de sa présidence. A cette exigence, le locataire de la Maison Blanche a ajouté vendredi la problématique du trafic de drogue, assurant que 90% des stupéfiants inondant les Etats-Unis transitaient par le Mexique. Cette annonce, qui menace d'affecter durement l'économie américaine, a semblé prendre de cours les parlementaires républicains, plusieurs sénateurs se déclarant opposés à cette idée. Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a cherché à éviter toute escalade et affirmé que le geste de Washington ne remettait pas en cause la ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain. Nancy Pelosi détient en bonne partie la clé de la ratification aux Etats-Unis de cet accord car c'est elle qui a le pouvoir de fixer la date du vote à la Chambre. Or la Maison Blanche ne l'a pas ménagée jeudi en lançant le processus de ratification sans la consulter, plus tôt qu'il n'avait été convenu, selon elle. "Hier, le président a démontré sa méconnaissance des politiques et processus régissant nos relations commerciales, en agissant prématurément pour faire avancer le AEUMC", a-t-elle encore déploré vendredi. (Belga)
