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Crise des migrants: voici ce que touche exactement un demandeur d'asile quand il arrive en Belgique

Bruno Wattenbergh est venu parler des réfugiés ce vendredi matin dans le Bel Eco du jour. Il a abordé leur intégration et ce qu’elle représente comme enjeu social ou économique.

Avant de parler des migrants, il faut d’abord clarifier le vocabulaire. Selon la Convention de Genève, un demandeur d’asile demande une protection contre un risque important d’atteinte à sa sécurité ou à sa vie dans son pays d’origine. Si le demandeur d’asile voit sa demande acceptée, il devient un réfugié. Si sa demande est rejetée et qu’il ne quitte pas le territoire, il devient un immigré clandestin ou un sans-papiers. En vitesse de croisière, ces 10 dernières années, la Belgique a accueilli environ 17.000 demandeurs d’asile par an. Mais près de 30.000 demandeurs d’asile l’année passée.


Que touche un demandeur d’asile aujourd’hui ?

Si il coûte 40€ environ par jour en centre fermé, il ne reçoit que quelques euros par semaine d’argent de poche. S’il reçoit le statut de réfugié, il obtient un droit au séjour en Belgique, un accès au marché du travail et un droit à l’aide financière du CPAS. Soit le revenu d’intégration sociale (RIS), c’est-à-dire un peu plus de 800€ par mois pour un isolé.


Le réfugié peut donc alors travailler, mais qu'en est-il du demandeur d’asile ?

La réglementation actuelle empêche temporairement les candidats-réfugiés de pouvoir travailler. Cette période initialement de 6 mois a été réduite à 4 mois avant d’obtenir un permis de travail de type C valable maximum un an et qui vaut pour toutes les professions salariées chez n’importe quel employeur. Ce permis de travail ne sera valable que jusqu’à la décision du CGRA, l’organe chargé de décider du statut du demandeur. Si cet organe rend une décision positive et octroie le statut de réfugié à l’intéressé, ce dernier sera alors dispensé de permis de travail et peut séjourner pour une durée illimitée en Belgique. La question se pose donc surtout du travail dans l’attente de la confirmation ou de l’infirmation de ce statut.


Pourquoi se poser cette question ?

Parce que nous ne sommes sans doute qu’au début d’une crise migratoire qui va s’intensifier. L’attrait que représente la sécurité, la richesse de nos sociétés, dans un contexte d’inégalités mondiales croissantes, de guerres et de massacres au nom de la religion, de catastrophe climatique, va plus que probablement augmenter les flux migratoires vers l’Europe. Si aujourd’hui, il n’y a que 1 réfugié pour 451 citoyens, ce chiffre risque d’augmenter et de nous obliger à modifier nos politiques.


Et l’OCDE recommande de faciliter l'accès à l'emploi et à la formation pour les migrants les plus sûrs d'obtenir l'asile ?

Oui, d’abord parce qu’au vu des conditions terribles qu'ils laissent derrière eux, que beaucoup de migrants vont s'installer dans la durée. Ensuite car plus les migrants ont accès tôt au marché du travail, plus leurs perspectives d'intégration s'améliorent à long terme. L’OCDE recommande donc d’agir tôt, et pas uniquement pour l’hébergement ou la santé, mais aussi sur la formation professionnelle, les cours de langue et l'évaluation des compétences, surtout pour les migrants les plus susceptibles d’obtenir le statut de réfugié.