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Pourquoi y a-t-il toujours des différences de revenus entre hommes et femmes? "On pousse des femmes à travailler à temps partiel", répond ce représentant de la FGTB

Le secrétaire général de la FGTB wallonne était l'invité de Pascal Vrebos ce dimanche sur RTL TVI. a notamment été interrogé sur les inégalités salariales qui touchent toujours de nombreuses femmes dans le monde du travail. Pour expliquer les inégalités qui persistent, le représentant de la Fédération générale du travail de Belgique, positionnée à gauche, pointe les dérives du libéralisme.

Pascal Vrebos: Vous êtes féministe?

Jean-François Tamellini: Ah je suis profondément féministe ouais.

Pascal Vrebos: C'est un grand jour aujourd'hui. 18 septembre, journée internationale de l'égalité salariale homme-femme.

Jean-François Tamellini: Vous savez, moi le féminisme c'est tous les jours. Merci de me rappeler ce jour-là.

Pascal Vrebos: Justement, les femmes gagnent toujours 22% de moins que les hommes. L'égalité totale des salaires, ce n'est pas votre priorité puisque ça n'avance pas depuis des dizaines d'années. Pourquoi vous ne faites pas quelque chose de spécial? Avec le syndicat européen, etc.?

Jean-François Tamellini: Le combat est mondial et européen, vous avez raison de le dire, mais on va déjà commencer par ici. Et ça, je reviens sur les fondements du système libéral.

Pascal Vrebos: Mais 22%... donc vous n'avez aucune force?

Jean-François Tamellini: On essaie. Ce n'est pas facile. On essaie tous les jours de mener ce combat.

Pascal Vrebos: Parce que tout le monde est d'accord pour l'égalité homme-femme. Tous les politiques.

Jean-François Tamellini: Non, non, tout le monde n'est pas d'accord. Le problème, c'est que quand on cantonne les femmes dans des temps partiels, parce qu'il n'y a pas suffisamment de crèches, parce qu'on désinvestit dans les services publics, on crée… par des partis qui ne veulent pas croire en la fonction publique, on crée des déséquilibres. On pousse des femmes à travailler à temps partiel contraint, et donc de facto à recevoir un salaire moindre et une pension moindre. C'est là que le combat (doit se mener) et en amont, créer les conditions pour que les femmes puissent retrouver un emploi.

Pascal Vrebos: Et pourquoi pas une grève spéciale un jour de toutes les femmes européennes?

Jean-François Tamellini: Alors, la FN Herstal a commencé il y a très longtemps à mener des mouvements féministes à la FGTB. Ici, la grève des femmes, en 2021 on a mené une grève des femmes. On doit continuer et accentuer le mouvement.