Yom, David Krakauer, Socalled, Frank London, figures du renouveau du klezmer, sont à l'affiche du festival Jazz'n Klezmer, qui présente à Paris les diverses tendances de cette musique des communautés juives d'Europe de l'Est.
La musique klezmer, dont l'apogée se situe au XIXe et au tout début du XXe siècle, avait pratiquement disparu avec les pogroms et la Shoah mais elle a connu un renouveau notamment aux Etats-Unis dans les années 1980.
La clarinettiste israélienne Irith Gabriely et la pianiste allemande d'origine russe Irina Loskova en présenteront en duo le versant traditionnel et classique en ouverture du festival, le 11 novembre à l'Espace Rachi (5e arrondissement).
Pour Socalled - DJ, accordéoniste, claviériste québecois- le klezmer n'est qu'un des ingrédients d'une musique où il mêle dans un joyeux délire funk, disco, électro, hip hop et pop music. Il sera l'un des animateurs le 16 novembre de la Bal Mitzva à La Bellevilloise (20e arrondissement).
Le clarinettiste Yom (1er décembre en clôture à l'Espace Rachi) se situe quelque part entre ces deux extrêmes. Dans "Songs for the old man", il établit un lien entre "far east" et "far west", clarinette klezmer orientale et americana.
Frank London et David Krakauer, deux des principaux acteurs du "new klezmer" au tournant des années 80/90 dans les Klezmatics, se présenteront dans des projets plus éloignés du klezmer, tout en restant intimement liés à la culture juive.
Le trompettiste Frank London sera l'invité le 19 novembre à la synagogue Copernic (16e arrondissement) de Azafea, un duo contrebasse-guitare qui butine du côté de la musique ladino - celle des Juifs d'Andalousie au Moyen-Age - et séfarade.
Le festival recevra également Sonia Wieder-Atherton. La violoncelliste classique, adepte de Monterverdi comme de Nina Simone ou Jacques Higelin, sera au New Morning (10e arrondissement) le 17 novembre avec des extraits de "Chants juifs", "Chants d'est", "Little Blue Girl", trois de ses créations, et quelques pièces classiques.
David Krakauer fera son cinéma le 21 novembre à La Cigale (18e arrondissement), où il interprétera ses versions de musiques de films liés à l'histoire juive contemporaine autour de divers thèmes, dont ceux de l'intégration dans le Nouveau Monde et la Shoah.
Le klezmer a développé un lien historique avec le jazz: les Barry's Sisters ont adapté des chants yiddish, le clarinettiste d'origine ukrainienne Naftule Brandwein a mélangé klezmer et swing dans son big band, et une importante partie des musiciens de jazz sont juifs.
Le trio Shalosh ("trois" en hébreu), un nouvel avatar de la vivace scène israélienne, le saxophoniste ténor Olivier Temime et ses "Volunteered Slaves", représenteront ce versant jazz.

