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Un accord interprofessionnel très partiel, au bout de la nuit: voici les mesures qui pourraient impacter votre portefeuille

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Le gouvernement fédéral réuni en comité restreint dans la nuit de mercredi à jeudi a dégagé un accord très partiel sur une "prime" que les entreprises qui ont enregistré de bons résultats durant la crise du coronavirus pourraient octroyer à leurs employés.

Le gouvernement, comme prévu suite à l'échec des négociations entre syndicats et patrons, doit prendre lui-même des décisions par rapport à l'évolution de nos salaires pour les prochaines années. Et après de longues discussions, un "accord interprofessionnel 2021-2022", très partiel selon nos informations, était sur la table aux alentours de 4h du matin. 

Cet accord porte sur une "prime" de 500 euros nets (sur laquelle les charges patronales ne serait que de 16,5%) qui pourrait être accordée aux travailleurs. Il faudrait que l'entreprise ait réalisé une forte augmentation de son chiffre d'affaire (patrons et syndicats devront se mettre d'accord sur un pourcentage). Deux bémols par rapport à cette annonce: elle se ferait sous la forme de chèque consommation à dépenser dans l'horeca et ailleurs (comme les 300€ de l'an dernier) ; elle ne serait pas obligatoire pour les entreprises ayant réalisé des bénéfices.

"C'est une prime de maximum 500 euros nets attribuée sous la forme de chèques consommation. Ça se négociera au sein des entreprises, le fait de donner ce bonus exceptionnel", nous a expliqué Alexander De Croo, Premier ministre. "On donne la possibilité aux entreprises de partager les bons résultats" obtenus pendant la crise. Pour quels secteurs ? "Pas de critères définis, car parfois il n'y a pas de bénéfices, mais on a fait quelque chose d'incroyable, et là peut-être qu'il y a la possibilité de le faire également".

Les salaires pourront augmenter... un peu

En marge de cette "prime", il y a un accord sur la marge d'augmentation salariale de 0,4% (en plus de l'indexation automatique de 2,85%). Donc au total, dans les deux prochaines années, votre salaire pourrait augmenter de maximum 3,25%. 

Le gouvernement fédéral est en outre d'avis qu'une augmentation du salaire minimum doit être envisagée, mais par étapes, et tout devrait se négocier prochainement entre patrons et syndicats, dont on connait la difficulté des relations actuellement. Il serait question d'une évolution calquée sur celle des salaires moyens. L'exécutif envisage des réductions d'impôts pour contribuer à financer ce relèvement du salaire minimum. 

Les autres dossiers sont l'harmonisation des pensions complémentaires des ouvriers et des employés, les heures supplémentaires (afin qu'un nombre accru d'heure soit possible en 2021-2022) et les fins de carrière afin de les rendre "faisables" par le régime d'emplois de fin de carrière. "Le gouvernement souhaite mener un dialogue actif avec les partenaires sociaux sur ces quatre thèmes. Il est disposé à prendre les mesures nécessaires à la mise en œuvre de ces accords", a-t-on précisé à même source.

La réaction de la FEB, la Fédération des Entreprises de Belgique, plutôt contente :

Le MR se réjouit

"Le MR se réjouit de la proposition de médiation raisonnable faite par le gouvernement dans le cadre de l'Accord interprofessionnel", réagit jeudi matin, sur Twitter, Georges-Louis Bouchez, le président des libéraux francophones, alors que la majorité fédérale est parvenue à un accord dans la nuit.

Cet accord prévoit "le maintien intégral de la loi de 1996 avec une indexation automatique de 2,8% et une marge supplémentaire de 0,4% ; la prolongation du principe de la prime ponctuelle 'corona' telle qu'adoptée par Sophie Wilmès en 2020, avec un plafond de 500 euros et uniquement pour les entreprises qui ont connu une croissance très importante lors de la crise", écrit M. Bouchez sur le réseau social.

"Ces éléments permettent de renforcer deux thèmes majeurs pour le MR: le pouvoir d'achat des travailleurs sans altérer la compétitivité de nos entreprises pour une économie belge gagnante", conclut le président du MR.

Pas le PS ni la FGTB

"La hausse du salaire minimum est un combat fondamental pour les socialistes et fait partie intégrante de la proposition de cette nuit. Si les patrons refusent celle-ci, il n'y aura d'accord sur rien et ce sera la liberté totale de négociation salariale", avertit le président du PS Paul Magnette jeudi sur Twitter.  Le président des socialistes flamands Conner Rousseau (Vooruit) cite également ce point en premier lieu dans une réaction postée sur Twitter : "ceux qui travaillent dur doivent y gagner ("vooruitgaan" en néerlandais). C'est ce que fait ce gouvernement: des salaires minimums plus élevés, des salaires plus élevés et une prime supplémentaire de 500 euros dans les entreprises et les secteurs qui ont bien fonctionné."

La réaction de la FGTB, plutôt pas contente : 




 

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