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Le port d'Anvers, eldorado des trafiquants de cocaïne: contrôles moins efficaces et corruption en cause

La zone portuaire anversoise est l'une des plus étendues au monde. Impossible dès lors de tout contrôler. Anvers possède aussi des connexions directes avec les pays d'Amérique du Sud, où depuis le début de l'année, 42 tonnes de cocaïne ont été saisies avant leur départ pour l'Europe. 22 tonnes, soit la moitié, était destinée à la Belgique.

Depuis le début de l'année 2019, plus de 60 tonnes de cocaïne destinées à la Belgique ont été interceptées. Leur valeur marchande estimée est de 3 milliards d'euros (50 euros/gr). La drogue était cachée dans des conteneurs qui arrivent par bateau dans le port d'Anvers.

Ce sont des chiffres de l'ONU que RTLInfo s'est procurés. En détails :

- 42 tonnes de cocaïne ont été interceptées dans les pays d'Amérique du Sud avant leur départ pour l'Europe, dont environ 22 tonnes à destination de la Belgique.

- Ce chiffre a plus que doublé par rapport aux 9 premiers mois de l'année dernière.

- Par ailleurs, plus de 40 tonnes ont été saisies au port d'Anvers depuis le début de l'année, selon les chiffres SPF Finances.

Anvers, importante porte d'entrée pour le trafic en Europe

Le port d'Anvers est le deuxième plus important port européen, derrière Rotterdam et devant Hambourg. Plus de 11 millions de conteneurs y transitent chaque année (11.100.408 en 2018, selon le port).

Pourquoi le port d'Anvers attire-t-il autant les narcotrafiquants ? 

  • Anvers est l'une des zones portuaires les plus étendues au monde (+ de 12.000 hectares, soit plus de 18.000 terrains de foot). Il est donc très difficile de tout contrôler.
  • La position géographique d'Anvers joue également un rôle. Anvers est à proximité des Pays-Bas : une grande partie de la cocaïne qui arrive à Anvers part vers les Pays-Bas avant d'être redistribuée. 
  • Anvers possède des lignes directes avec les pays d'Amérique latine. La cocaïne est massivement produite en Colombie, mais est exportée au départ du Brésil, de l'Equateur et du Costa Rica.
  • Le niveau de contrôle est moins efficace qu'à Rotterdam ou à Hambourg. Par exemple, quand un conteneur doit être scanner à Anvers, le conducteur à 2h30 pour se rendre au terminal de scanner. Cela laisse le temps au conducteur de se rendre aux Pays-Bas, de décharger la drogue et de revenir. A Rotterdam, le camion ne sort par du terminal pour être scanné.
  • Les travailleurs corrompus du port sont un rouage important du trafic. Anvers a la réputation d'avoir une "logistique criminelle" bien rodée. Les montants de la corruption sont impressionnants : le coordinateur d'un terminal peut gagner jusqu'à 225.000 euros par conteneur, un conducteur de conteneur peut empocher entre 25.000 et 75.000 euros. Enfin une personne des ressources humaines qui aide à embaucher un membre de la mafia de la drogue pourra réclamer environ 10.000 euros par contrat.



Un marché juteux

À l'achat, 1 kilo de cocaïne vaut 30.000 euros. À la revente, il vaut près de 50.000 euros. Les narcotrafiquants rivalisent d'ingéniosité pour cacher la drogue. Elle peut être dissimulée dans des sacs de sport, mais aussi dans des cargaisons de sucre, dans des produits cosmétiques, voire dans des caisses de fruits évidées et remplies de cocaïne.

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