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Menacé par Jürgen Conings, le virologue Marc Van Ranst dénonce le rôle du Vlaams Belang

Menacé par Jürgen Conings, le virologue Marc Van Ranst dénonce le rôle du Vlaams Belang, l'extrême droite flamande
© Belga
 
 

Le virologue Marc Van Ranst a pointé du doigt, ce samedi, la responsabilité du Vlaams Belang, le parti flamand d'extrême droite, et d'autres personnalités de droite qui créent, selon lui, une atmosphère négative vis-à-vis des virologues sur les réseaux sociaux.

Marc Van Ranst a été mis à l'abri après avoir été menacé par Jürgen Conings, le soldat proche de l'extrême droite qui reste introuvable. Des menaces auxquelles le spécialiste est aujourd'hui habitué, surtout sur les réseaux sociaux. "Je dépose toujours une plainte auprès de la police", a-t-il affirmé.

Selon ce dernier, le Vlaams Belang et d'autres personnalités de droite ont créé "une pente glissante", à la suite de laquelle les menaces contre les virologues sont devenues acceptables. "Le message, c'est: vous pouvez insulter les virologues, vous pouvez tout faire avec eux", a-t-il regretté. Toujours caché, Marc Van Ranst a enfin répété qu'il ne se laissait pas intimider. "Peu de choses changent pour le moment. Je peux continuer à travailler d'où je suis", a-t-il indiqué.

Ça fait une bonne dizaine d'années qu'il y a une défiance croissante dans notre société

Ce samedi dans le RTL INFO 19H, une historienne, professeure et spécialiste des théories du complot a été interrogée en direct. Marie Peltier s'est d'abord exprimée sur le sentiment de défiance envers les autorités qui s'est fortement répandu ces dernières années, notamment à travers les réseaux sociaux. "Ça fait une bonne dizaine d'années qu'il y a une défiance croissante dans notre société à l'égard des institutions démocratiques, à l'égard des discours d'autorité, notamment des scientifiques. La crise du Covid a accentué encore cette défiance. Et ça permet encore une fois des passages à l'acte. Parce que la défiance est en fait partagée par beaucoup de concitoyens", a réagi Marie Peltier.

Le conspirationnisme est une arme rhétorique de l'extrême droite

Nous avons interrogé l'historienne sur les liens entre les idéologies d'extrême droite et les actes violents. Selon elle, "historiquement l'extrême droite et la violence sont deux choses qui sont très intrinsèquement liées". "L'extrême droite, à partir du moment où elle développe ses idées, où elle les défend dans la vie en société, à un moment donné elle demande aussi une traduction de ses idées dans des actes, et souvent des actes de violence. Comme des actes insurrectionnels, qui s'en prennent aux institutions, aux minorités aussi. Historiquement, l'extrême droite a toujours, à un moment donné, commis des passages à l'acte violents", s'est exprimée Marie Peltier.

D'après l'experte, les théories du complot sont une technique d'influence du public souvent utilisées par des figures de l'extrême droite. "Le conspirationnisme est une arme rhétorique de l'extrême droite. C'est-à-dire s'en prendre à un soi-disant complot, ça permet à l'extrême droite de se positionner comme le sauveur en quelque sorte, comme l'instance qui apporte une solution", a-t-elle expliqué.

Selon Marie Peltier, le conspirationnisme s'en prend généralement aux institutions et aux minorités au sein de nos sociétés. "Et comme par hasard, entre guillemets, se sont aussi les cibles de l'extrême droite. Donc finalement, le complotisme, c'est une bonne méthode d'extrême droite, on pourrait dire. Qui sert l'extrême droite pour défendre ses idées".


 




 

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