En ce moment
 

Que risque le conducteur de la SNCB qui a délibérément ralenti son train?

Que risque le conducteur de la SNCB qui a délibérément ralenti son train?

La SNCB doit se protéger contre d'éventuels départs prématurés de conducteurs de train, a précisé jeudi un porte-parole de l'entreprise pour justifier le préavis d'un an demandé aux conducteurs sur le départ. Mardi, l'un d'eux a, de manière intentionnelle, roulé au ralenti alors qu'il emmenait un convoi de voyageurs entre Mons et Liège, engendrant un retard de 37 minutes à l'arrivée.


"On ne peut pas prendre ainsi la clientèle en otage"

"C'est une action inacceptable. Il y a des instances de dialogue prévues et on ne peut pas prendre ainsi la clientèle en otage", a réagi Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. La compagnie va rencontrer le cheminot concerné et décider en interne d'une sanction éventuelle. L'homme a indiqué à plusieurs médias qu'il voulait être licencié le plus rapidement possible. Il a déjà signé dans le secteur privé, bien mieux rémunéré, selon lui. Mais son délai de préavis d'un an pose problème. Il espérait, en menant une opération escargot, être vite congédié.

"De l'argent public a été investi dans sa formation"

"A la SNCB, un conducteur est formé pendant 12 à 18 mois. Il est rémunéré durant cette période. De l'argent public a été investi dans sa formation, il est donc logique qu'on se protège contre des départs prématurés. C'est aussi une manière de préserver la continuité du service public, ce qui se fait dans d'autres institutions également", a affirmé M. Ney.


Une mesure pour endiguer la fuite des conducteurs vers le privé?

C'est en 2016 que l'entreprise présente la mesure faisant passer la durée de préavis d'un mois à un an pour un conducteur de train. La CSC Transcom a voté contre cette mesure. "Dans n'importe quelle société, ce n'est pas une solution de retenir le personnel contre son gré", explique Marianne Lerouge, responsable générale de la CSC Transcom. "De plus, la mesure est discriminatoire vis-à-vis des autres employés de la SNCB et de tous les employés en général car, depuis 2014, la durée maximale d'un préavis est de 13 semaines", a-t-elle ajouté. D'après elle, le passage d'un mois à un an a clairement été décidé en vue d'endiguer la fuite des conducteurs vers le secteur privé.


80 conducteurs de la compagnie ont déposé leur démission

Le porte-parole de la SNCB n'a pas connaissance d'autres conducteurs ayant mené une opération escargot. L'an dernier, 80 conducteurs de la compagnie ont déposé leur démission pour un départ prévu en 2018. La SNCB qui emploie actuellement quelque 3.500 conducteurs envisage d'en engager 300 cette année après 400 l'an dernier. La SNCB et les syndicats doivent discuter prochainement de la valorisation du statut de conducteur de train. Le syndicat chrétien qui ne soutient pas l'opération escargot, doit notamment finaliser un cahier revendicatif à présenter à la direction. Il plaide pour un ensemble de mesures afin d'endiguer le déficit de conducteurs de trains au sein de la compagnie publique. Les primes, les salaires et les horaires peuvent être améliorés, selon l'organisation. La pénurie d'effectifs empêche les conducteurs présents de prendre leurs jours de congé, constate le responsable ACV Luc Piens.


"C'est condamnable en vertu du code pénal"

La députée N-VA Inez De Coninck a appelé à une sanction forte à l'égard du conducteur concerné. D'après elle, le cheminot peut être poursuivi pour un tel comportement. "Le conducteur ralentit intentionnellement le trafic ferroviaire. C'est condamnable en vertu du code pénal. Les particuliers reçoivent, à raison, de solides amendes s'ils freinent la circulation des trains. De plus, la personne abuse ici de moyens publics pour son intérêt personnel et ne montre pas la loyauté qu'on est en droit d'attendre d'un employé."

 

Vos commentaires