Harcelé et frappé, un élève de Braine l'Alleud voit son agresseur revenir en classe après deux mois d'exclusion: "Ils auraient du au moins me préparer"

Un jeune de 17 ans, victime de coups et harcèlement de la part d'un autre élève de son école à Braine-l'Alleud, brise le silence. Après deux mois et demi d'exclusion, son agresseur a été réintégré au sein de l'établissement. Une situation que la victime et ses parents dénoncent.

"C'est à l'école qu'il m'a mis deux coups de boule. Il y avait d'autres amis à lui. Une prof est arrivée et nous a séparés", a confié le jeune homme à notre journaliste Aurélie Henneton.

Ballon dans la figure au cours de gym, insultes, brimades. Puis le 15 octobre, la situation dérape après un vol de plumier. "Il y avait un cercle de 5 à 6 personnes autour. Ils n'ont pas réagi du tout. Ils regardaient juste", a ajouté l'élève harcelé.

"Il avait le nez en sang, donc j'ai été à l'hôpital, aux urgences, pour faire constater les lésions. Ensuite on a porté plainte au bureau de police pour coups et blessures. Mais cela n'a pas arrêté le garçon qui continuait à le harceler dans les couloirs, au vu de tout le monde", a ajouté le papa de la victime.


Exclu... puis réintégré

L'élève violent a été exclu un mois après les faits. Lundi, il a effectué son retour à l'école, dans la même classe, accompagné d'un médiateur. C'est une décision ministérielle (la ministre de l'éducation Marie Martine Schyns n'a jamais répondu à nos appels).

La victime a été prévenue le jour même. "Ils auraient du au moins me préparer, faire quelque-chose. Je ne trouve même pas qu'une réintégration soit possible avec un élève qui a tant d'agressivité", déplore la victime.

"Le garçon agresseur se retrouve face à mon fils. Donc nous sommes tous impuissants. Aussi bien sa maman que moi, que lui. On est devant le fait accompli", constate le papa.

Selon le papa du jeune élève harcelé, l'établissement scolaire aurait affirmé ne pas avoir eu d'autre choix que de réintégrer l'élève violent. Aujourd'hui, c'est donc le jeune homme harcelé qui cherche une autre école. Une injustice selon son père. "C'est hors de question de le laisser aller à l'école avec un prédateur comme ça", a-t-il conclu.


L'exclusion est-elle la bonne solution ?

L'exclusion de l'élève violent ne règle de toute façon pas la situation, d'après certains. "Pensez qu'une grande partie des harceleurs ont eux-mêmes été harcelés, ou bien se trouvent dans des situations de conflits familiaux ou scolaires importants. C'est une expression de leur mal être, donc il est important de travailler sur ce mal être. Et pas en le faisant disparaître dans une exclusion, mais si la loi prévoit que l'exclusion est la bonne sanction. Cet écartement, de toute façon, ne peut pas être ad vitam eternam", a expliqué David Lallemand, chargé de communication auprès du délégué général des droits de l'enfant.

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