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Les piscicultures en grand danger à cause de la sécheresse: "21-22 degrés, c'est le seuil mortel pour la truite"

Face à la sécheresse, des mesures ont été prises concernant les cours d'eau. À certains endroits, les niveaux d'eau ont tellement baissé qu'on pourrait devoir réduire la navigation. Les éleveurs de poisson eux aussi s'inquiètent : il n'y a pas assez d'eau, et en plus elle est trop chaude. Beaucoup de poissons meurent, comme l'ont constaté Vincent Jamoulle et Aline Lejeune à Malmedy pour le RTL info 13h.

L'instinct pousse les truites à remonter le courant pour aller se reproduire, mais en vérité, elles sont loin d'être en forme. Comme chaque matin, Olivier Mathonet mesure la température de l'eau qu'il puise dans l'Amblève pour alimenter ses bassins.

"On se limite le matin à 17 degrés. En soirée, on monte à 21-22 degrés mais il faut savoir que 21-22 degrés, c'est le seuil mortel pour la truite, explique le pisciculteur. Des confrères qui ont moins de débit que moi, pour le moment, le cheptel est occupé à mourir".

Les truites ne s'alimentent plus lorsque l'eau est à plus de 16 degrés : elles sont donc en mode survie. Les cadavres sont sortis des bassins et dans  cet élevage, la perte s'élève à une tonne de poisson sur ces 5 dernières semaines, c'est donc la survie de l'entreprise qui est en jeu.


"On ferme boutique"

"On attend une éventuelle intervention des pouvoirs politiques, mais comme on est un secteur assez petit en Wallonie, même en Belgique, on nous a un peu oubliés dans les réglementations dans les conditions extrêmes. S'il n'y a pas d'intervention avant la fin de cette année, on ferme boutique", note Olivier Mathonet.

Il y a un an et demi au même endroit, c'est le gel intense qui menaçait la survie des poissons. Il fallait se lever plusieurs fois par nuit pour casser les 30 centimètres de glace et assurer l'oxygénation. Aujourd'hui, près de la moitié des bassins sont vides parce qu'il n'y a pas assez d'eau.


Comment on va nourrir les gens

"On prend tous les jours les températures d'eau. Je vois que j'ai une augmentation des températures moyennes de plus de 2 degrés en plus de 10 ans, les débits c'est plus ça, les hivers sont de plus en plus extrêmes et de plus en plus longs, les étés c'est pareil. On se pose vraiment la question de savoir comment on va nourrir les gens demain, mais ça c'est pour tous les secteurs agricoles", explique encore le pisciculteur.

Seul aspect positif : les prévisions météo dans 7 jours : la température maximale devrait chuter de 20 degrés après le passage de plusieurs averses.

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