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Des députés Engagés ont dormi devant le siège de l'Open VLD: ils dénoncent le manque de place pour les demandeurs d'asile

Alors que les températures sont négatives depuis plusieurs nuits, de nombreux demandeurs d'asile dorment dans la rue, dont des mineurs d'âge. En cause: une crise de l'accueil en Belgique et l'incapacité de l'agence fédérale Fedasil de fournir des places à tous les demandeurs. Selon les estimations, entre 2.000 et 3.000 personnes sont sans solution de logement depuis plusieurs mois. Des tentes ont d'ailleurs fleuri le long du canal en face du Petit-Château, l'endroit où les demandes d'asile doivent être introduites. À Schaerbeek, un squat insalubre abrite des centaines de migrants.

Ce dimanche soir, plusieurs militants et mandataires des Engagés ont planté leur tente devant le siège de l'Open Vld, parti du Premier ministre, pour protester contre la situation. La police leur a demandé de démonter leurs tentes aux alentours de 21h, ce dimanche soir. Une soixantaine de personnes sont restées devant le siège de l'Open VLD jusqu'à 1h du matin. 10 membres du parti Les Engagés sont quant à eux restés toute la nuit, tantôt dans leur voiture pour dormir quelques heures, tantôt dehors. Ils comptent rencontrer ce matin le premier ministre Alexander De Croo.

Malgré les condamnations en justice, malgré les paroles du Premier ministre, la crise est toujours là

Parmi les participants, on retrouvait les députés Vanessa Matz, Georges Dallemagne, Christophe De Beukelaer et François Desquesnes ou encore le vice-président Yvan Verougstraete qui se sont retrouvés rue Melsens à Bruxelles. Ils comptent passer la nuit si la police ne les déloge pas. "Il est indécent que des gens restent à la rue alors que l'on a les moyens de les mettre à l'abri. Malgré les condamnations en justice, malgré les paroles du Premier ministre, la crise est toujours là. Nous avons interpellé, réinterpellé mais le problème demeure", ont expliqué Mme Matz et M. Dallemagne. Les Engagés appellent les partis du gouvernement à arrêter "de se regarder en chiens de faïence" et à faire coopérer les divers départements (Défense, Mobilité, Régie des bâtiments, etc.) afin de trouver des solutions d'accueil . "Chaque jour compte", ont-ils souligné.

Des manifestants demandent de réquisitionner des bâtiments vides

Avant l'action des Engagés, plusieurs autres ont été menées. Entre 150 et 200 personnes, selon les organisateurs, se sont rassemblées dimanche vers 12h30, place de l'Albertine à Bruxelles. Des collectifs citoyens ont lancé une véritable campagne visant à mettre un terme à la crise de l'accueil. Ils encouragent la réquisition de bâtiments vides pour loger les réfugiés qui sont refoulés par Fedasil. Ils demandent aussi aux citoyens d'interpeller par e-mail la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Nicole de Moor.

Plusieurs orateurs, notamment de la Ligue des droits humains, ont rappelé que la Belgique a été sommée à de multiples reprises par les justices belge et européenne de loger les personnes ayant introduit une demande d'asile sur son territoire. "L'État continue de déroger à ses responsabilités et, malgré des négociations politiques avec les associations concernées, aucune solution structurelle ne semble émerger", ont dénoncé les collectifs citoyens qui ont lancé la campagne.

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