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Mathieu Michel s'oppose au ministre de la Justice: pas de clé de cryptage des messageries pour la police

Mathieu Michel s'oppose au ministre de la Justice: pas de clé de cryptage des messageries pour la police
 
 

Le secrétaire d’État à la Protection de la Vie privée, Mathieu Michel, était l'Invité de 7h50 sur Bel RTL. Il répondait aux questions de Fabrice Grosfilley. Pour lui, il est exclu de dégrader le niveau de confidentialité de tous les Belges pour faciliter la tâche de la police.

M. Michel a confirmé son opposition à une disposition d'un avant-projet de loi du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne qui reviendrait à fragiliser le chiffrement bout à bout des messages (Whatsapp, Telegram, Signal, Wire, Dust, ...) pour permettre aux forces de l'ordre d'écouter, sur ordre de la Justice, les conversations de certains utilisateurs. "Je suis en phase avec Vincent Van Quickenborne pour dire que l'on doit avoir des outils efficaces d'enquête et d'écoute, on l'a encore vu hier" avec la vaste opération antidrogue menée en province de Liège, a indiqué Mathieu Michel. "Mais je ne suis pas d'accord de diminuer le niveau de sécurité et de confidentialité des messages de tous les Belges pour, de temps en temps, réaliser des enquêtes. C'est comme si, parce que la police et la justice font des perquisitions de temps en temps, tout le monde devait laisser sa porte arrière ouverte".

Pour le secrétaire d'État, "nous avons aujourd'hui des moyens technologiques pour accéder à des écoutes autrement qu'en dégradant le niveau de sécurité de tous les Belges. Regardez le logiciel Pegasus", qui est cependant plus long et plus compliqué pour les policiers, mais qui permet d'entrer dans un téléphone ou un ordinateur saisi.

Interrogé également sur le faible niveau de protection des données sur une plate-forme comme TikTok, le secrétaire d'État a rappelé les condamnations dont cette dernière a fait l'objet en Italie et aux Pays-Bas. "Avec (la secrétaire d'État à la Protection des consommateurs) Eva De Bleeker, on a demandé que l'APD (l'Autorité de protection des données) puisse se saisir de l'ensemble des conditions de respect de la vie privée sur TikTok. Des actions belges peuvent s'ajouter aux actions européennes". Il a évoqué des contrôles et des amendes possibles, qui peuvent d'ajouter à des actions européennes.

"Je pense que les jeunes, le public contacté, est un public qui n'a pas toujours le même degré d'esprit critique qu'un public plus adulte et je pense qu'on doit être très très attentif de garantir le même niveau de sécurité et de protection pour ces jeunes dans le monde virtuel que dans le monde réel. C'est vrai pour Tik Tok mais c'est vrai aussi pour Facebook et toute une série d'autres opérateurs. Derrière le questionnement Tik Tok il y a cette volonté essentielle de pouvoir garantir ce même niveau de protection. Beaucoup de nos jeunes passent beaucoup de temps confrontés à du contenu, partagent un ensemble de données privée et la protection de la vie privée pour moi est essentielle sur le réseaux sociaux", a détaillé M. Michel.

Enfin, il a insisté sur le fait que le Parlement fédéral doit agir pour mettre fin à l'incompatibilité dans le chef de Frank Robben, le patron de la Banque carrefour de la Sécurité sociale, qui est également membre du centre de connaissances (conseiller) de l'Autorité de protection des données (APD). Frank Robben, l'une des personnalités qui valent à la Belgique une procédure d'infraction de la part de la Commission européenne pour manquements au Règlement général sur la protection des données (RGPD), "est aujourd'hui dans une situation d'incompatibilité, il doit faire un pas de côté", a confirmé M. Michel. "Le Parlement, qui l'a mis dans cette fonction en 2018, doit agir, il prend d'ailleurs des dispositions très concrètes pour mettre fin à cette incompatibilité", a-t-il affirmé, alors qu'un accord politique est toujours en discussion à la Chambre. L'un des enjeux est de garantir l'indépendance de l'APD vis-à-vis des pouvoirs publics.


 




 

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