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L'affaire Publifin a eu raison de Paul Furlan: il a présenté sa démission, ému

  • Affaire Publifin: démission du ministre wallon Paul Furlan ce matin

  • Retour sur les dossiers qui ont précipité la chute du ministre Paul Furlan

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Le ministre wallon des Pouvoirs locaux Paul Furlan a présenté sa démission au gouvernement. Elle a été acceptée par Paul Magnette. "Cette démission est une initiative tout à fait personnelle, il n'y a pas eu de pression", a-t-il expliqué, précisant que sa compagne et d'autres personnes de Thuin étaient "là avant lui".

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux Paul Furlan a annoncé jeudi sa démission du gouvernement, affirmant être "droit dans ses bottes", mais l'avoir décidé parce que "la sérénité n'est plus assurée". Le ministre-président wallon Paul Magnette a accepté cette démission, a précisé M. Furlan (PS) au cours d'une conférence de presse.

Pendant près de trois quarts d'heure, M. Furlan est revenu sur les dossiers récemment sortis dans la presse concernant la composition de son cabinet et ses liens avec ses sociétés privées, démontant une à une les accusations. Plusieurs observateurs l'ont d'ailleurs jugé convaincant et ont été surpris par l'annonce de la démission, survenue en toute fin de conférence de presse.

Mais aux yeux de Paul Furlan, et même s'il juge être "droit dans ses bottes", la sérénité du travail du gouvernement n'était plus assurée, raison pour laquelle il a remis sa démission. L'opposition MR et Ecolo la réclamaient depuis la révélation du scandale de l'intercommunale Publifin, pour lequel des mandataires politiques locaux ont touché des rémunérations importantes sans fournir des prestations suffisantes.

Le chef de cabinet adjoint de M. Furlan, Claude Parmentier, avait d'ailleurs dû démissionner en raison de sa rémunération élevée comme administrateur à titre privé de Nethys (Publifin). L'opposition reprochait au ministre de ne pas avoir agi assez tôt pour contrôler ce type d'intercommunales interrégionales, ni pour durcir les règles des organismes publics, même si Paul Furlan avait pris des mesures en ce sens depuis près de huit ans qu'il est ministre.

Elle jugeait qu'il n'était plus l'homme de la situation pour gérer le dossier de la gouvernance wallonne. La semaine dernière, Paul Magnette était d'ailleurs monté au créneau en affirmant prendre le dossier en main, même s'il gardait Paul Furlan à ses côtés.

Mardi soir, le cdH, partenaire de coalition du PS, avait à son tour semblé douter de la position de Paul Furlan, en réclamant des réponses dans les plus brefs délais sur les articles récemment sortis dans la presse.

"Je ne suis pas un Calimero et je ne rentrerai pas dans le jeu de me plaindre. Je devais déranger quelqu'un, je ne sais pas qui. J'ai toujours pris mon destin en main, et la vie ne s'arrête pas à celle de ministre", a rappelé celui qui redevient député-bourgmestre de Thuin. 

La motion de l'opposition MR-Ecolo demandant la démission de Paul Furlan étant devenue caduque du fait de cette démission, la séance plénière convoquée pour ce jeudi à 14 heures a été reportée à 17h. Les députés procéderont à l'élection du successeur de M. Furlan, dont l'identité n'a pas encore été dévoilée. Ensuite, le gouvernement fera une communication sur les nouvelles mesures de gouvernance. Elle sera suivie d'un débat.

RAPPEL DES FAITS: CHRONOLOGIE


17 janvier: le vice-président de Nethys démissionne de son poste de président du comité d'éthique du cdH
Le vice-président de Nethys, Dominique Drion, a démissionné mardi des fonctions de président du comité de déontologie et d'éthique du cdH qu'il occupait jusqu'à présent. Conseiller provincial et patron du cdH liégeois, M. Drion a également été administrateur de Publifin. Il a à ce titre bénéficié du régime de rémunérations litigieux mis au jour ces dernières semaines.


17 janvier: trois administrateurs indépendants de Nethys dénoncent un lynchage immérité

Trois administrateurs indépendants de Nethys, société privée opérationnelle du holding financier public liégeois Publifin, ont défendu mardi l'image de cette société, écornée à leurs yeux par un "bashing" immérité et potentiellement destructeur de valeur. Ces trois administrateurs indépendants - Philippe Delaunois, ex-CEO de Cockerill Sambre, Pierre Meyers, ancien vice-président de CMI et du groupe FN et Diego Aquilina, directeur d'Intégrale - sont entrés dans la structure en 2014, dans un souci de renforcement de la bonne gouvernance dans l'ex-Tecteo et d'un renforcement de son expertise.

Dans un communiqué, ils rappellent l'ampleur de Nethys (3.000 emplois directs pour un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros) dans des secteurs très concurrentiels (télécoms, médias, énergie, finance, assurances et participations). Ils notent que la structuration - légale - du groupe Nethys est similaire à des acteurs tels qu'Ethias, la FN, la Sonaca, Elia ou Fluxys.


16 janvier: démission de Claude Parmentier, le chef de cabinet-adjoint de Paul Furlan

La même journée, l'hebdomadaire Le Vif avait révélé que Claude Parmentier, par ailleurs bourgmestre de Wanze, a touché depuis fin juin 2013 plus de 153.000 euros brut en tant qu'administrateur de Nethys SA, l'entité opérationnelle de Publifin. L'homme fait également partie du conseil d'administration de Publifin, holding public liégeois qui secoue actuellement le monde politique wallon en raison des rémunérations très généreuses perçues par certains mandataires locaux en tant que membres de ses comités d'avis.


13 janvier: "Je suis en colère parce qu'on m'a roulé dans la farine" dit Furlan

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux Paul Furlan est en "colère" et estime avoir été "roulé dans la farine" dans le contexte des révélations sur les rémunérations des comités de secteur de Publifin, lit-on vendredi dans L'Avenir. Il promet d'être "intransigeant" lorsqu'il aura les résultats de l'enquête demandée à son administration au sujet de l'affaire.


22 décembre: Publifin supprime les comités de secteur controversés

Le conseil d'administration du holding public liégeois Publifin, ciblé par les critiques ces derniers jours en raison des montants jugés abusifs de rémunération des membres de ses comités de secteur, a décidé jeudi de supprimer ces organes consultatifs, ainsi que le lui avait enjoint la veille le ministre des Pouvoirs locaux, Paul Furlan.


20 décembre: l'affaire "Publifin" éclate grâce au magazine Le Vif

Vingt-quatre mandataires locaux perçoivent de très généreuses rémunérations pour siéger dans trois organes d'avis internes à Publifin, l'intercommunale qui contrôle à 100% l'entreprise Nethys (Voo, BeTV, L'avenir), rapporte alors Le Vif sur son site internet.

Celui-ci s'appuie sur les propos de l'échevin des Finances d'Olne, l'une des 76 communes actionnaires de Publifin, qui, à ce titre, a pu consulter des données internes sur la composition et l'activité de ces organes d'avis, qualifiés de "bidon" par Le Vif, ainsi que les rémunérations dont bénéficient leurs membres.

Celles-ci oscillent entre 1.340 et 2.871 euros bruts par mois et ce, pour quelques réunions où la présence n'est pas obligatoire pour être rémunéré, soit un salaire horaire de... 9.800 euros bruts, avait calculé Le Vif.

Ces organes d'avis, qui portent le nom de "comités de secteur", sont censés "éclairer" le conseil d'administration de Publifin mais "servent en réalité à rémunérer des élus rendant ou ayant rendu service à leur parti", ajoute le site d'information.

Le mécanisme profiterait au total à 24 mandataires locaux issus du PS, du MR ainsi que du cdH.

Dans un communiqué envoyé mardi soir, Publifin contestait toute mauvaise gouvernance et souligne qu'elle fut à l'origine de "la plus grande rationalisation du nombre d'intercommunales en Wallonie" par l'absorption de toutes les intercommunales wallonnes de câblodistribution ainsi que plusieurs autres actives dans l'énergie.

"Dans ce cadre, et afin d'intégrer ce processus de rationalisation, il a été décidé par les différentes forces politiques liégeoises de conserver un comité de secteur pour chaque activité relative à un secteur industriel: l'énergie, les télécoms et plus spécifiquement l'ancienne Intermosane", expliquait Publifin.

"Cette logique permettait à un nombre plus large de mandataires de rester en contact avec les activités menées tout en supprimant les conseils d'administration et en maintenant uniquement l'équivalent de trois anciens comités de gestion exécutifs sur dix", ajoutait le holding.

Quant aux rémunérations évoquées par Le Vif, celles-ci sont "exactement calquées sur les barèmes établis par la Région wallonne", poursuivait le communiqué.

"Pour le surplus, une fois constitué, chaque comité, sous la conduite de son président, est responsable de son fonctionnement, du nombre de ses réunions et du rappel à l'ordre de ses membres et ce, en toute autonomie. Les objectifs poursuivis par chaque comité de secteur et leurs travaux figurent dans le rapport annuel de Publifin en toute transparence", insiste Publifin.

Réagissant aux informations du Vif, l'opposition Ecolo avait exigé "la plus grande transparence et le retour à la raison" au sein de "la nébuleuse Publifin-Nethys". "Ce nouveau scandale s'ajoute aux dérives et à la faiblesse du contrôle sur Nethys, dont de nouveaux éléments ont encore été dévoilés il y a quelques jours", commentait Stéphane Hazée, chef de groupe au Parlement de Wallonie.

Pour les Verts, ces "rémunérations exorbitantes apparaissent d'autant plus scandaleuses qu'il s'agit d'argent issu de la collectivité: en effet, Publifin est 100% public et le financement des comités de secteur est donc payé par les citoyens", soulignaient-ils.

Une affirmation que le holding contestait avec force: "Publifin n'est aucunement financé par une quelconque dotation publique et donc de l'argent de la collectivité. Publifin vit uniquement de ses activités industrielles et commerciales et a d'ailleurs réalisé un bénéfice de 68,2 millions d'euros en 2015".

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