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Colère du personnel soignant: "Le signal est bien compris du côté du gouvernement"

 
CORONAVIRUS, DECONFINEMENT
 

Il y a une semaine, une centaine de membres du personnel de l'hôpital Saint-Pierre avaient volontairement tourné le dos à la première ministre Sophie Wilmès et à sa délégation. Le secteur avait très mal accueilli les arrêtés royaux prévoyant une réquisition de personnel en cas de besoin. Les infirmiers estiment avoir fourni assez d'efforts et s'être montrés suffisamment disponibles tout au long de la crise sanitaire. Le personnel des soins de santé réclame en outre, depuis plusieurs mois, une revalorisation de la profession.

Ce dimanche, sur le plateau de "C'est pas tous les jours à venir", les invités sont revenus sur la situation du personnel des soins de santé et plus particulièrement des infirmiers. Selon Arnaud Bruyneel, infirmier aux soins intensifs et Président de SIZ-Nursing le manque d'infirmiers dans notre pays induit une plus grande mortalité: "Cela a été démontré scientifiquement depuis 15 ans. (…) Si on augmente de 10% le nombre d'infirmiers, on diminue de 7% la mortalité des patients." Il détaille: "En moyenne un infirmier en Belgique peut prendre 11 patients en charge. On devrait étendre ce chiffre à 8 patients maximum."

Les gens arrêtent après 10 ans de carrière

Philippe De Backer est le ministre en charge de la gestion de l'approvisionnement en matériel pour la protection personnelle et du diagnostic du Covid-19. Il était également présent également sur notre plateau: "Je comprends très bien la situation difficile vécue par les infirmiers et les médecins dans les hôpitaux, les maisons de repos. (…) On a investi durant cette crise. On a mis à disposition un milliard d'euros dans les soins de santé. On a donné la possibilité de faire des heures supplémentaires. On a aussi investi dans les premières lignes de soins de santé."

L'attractivité du métier mis en cause

Le débat s'est alors porté sur l'attractivité de ma profession. "Ce n'est pas qu'une question de salaire", lance Philippe De Backer même s'il reconnait que le revenu joue un rôle. "Il faut aussi regarder comment remplir le cadre qui est déjà prévu maintenant pour que les gens commencent à étudier et travailler sur les premières lignes." Arnaud Bruyneel , infirmiers, enchaîne: "A chaque fois, on parle de la pénurie infirmière parce qu'il n'y pas assez d'étudiants ou de jeunes qui s'engagent dans la profession. Mais la pénurie est due avant tout au fait que nous travaillons en temps partiel, le métier est pénible, mais aussi car on ne fait pas une durée de carrière complète. Les gens arrêtent après 10 ans de carrière.  Il faut rendre le métier moins pénible comme ça les infirmiers vont faire une carrière complète."

Pour le ministre De Backer, "C'est encore le choix des gens de choisir où ils veulent travailler. On ne va pas obliger les gens à travailler 40 ans dans la même situation. Durant cette crise, on a investi beaucoup dans ces métiers-là. Le signal est bien compris du côté du gouvernement. On a retiré les arrêtés royaux."

Revoir l'intégralité du débat en vidéo:

 

 




 

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