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De plus en plus de jeunes angoissés suite à la menace appellent Télé-Accueil, mais pas forcément pour les raisons qu'on imagine...

Avec cette alerte maximale maintenue à Bruxelles, les Bruxellois ont besoin d'exprimer leurs angoisses. Les bénévoles des centres de Télé-Accueil enregistrent de nombreux appels. Il ne se passe pas une minute sans un appel au 107. Dans ce contexte difficile, il est nécessaire de parler. Fanny Dehaie et Pascal Noriega se sont rendus dans les bureaux de ce service d'aide par téléphone pour le RTLINFO 19H.

Dans ce centre de télé-accueil bruxellois, les lignes sont saturées en permanence. 140 appels sont normalement enregistrés chaque jour, depuis les attentats ce chiffre n’a pas augmenté. Ce qui a changé, c’est la nature des angoisses. "Les personnes ont envie d’appeler pour dire simplement combien ils sont touchés, avec l’émergence d’émotions telles que la peur ou la tristesse par rapport aux attentats de Paris, ou la crainte que ça se rapproche d’eux-mêmes", explique Pascal Kayaert, directeur de Télé-Accueil Bruxelles.

Une centaine de bénévoles sont au bout du fil 24h sur 24. Ils sont formés pour écouter et rassurer des appelants de plus en plus jeunes. En général, des personnes qui s’interrogent sur leurs liens sociaux à l’école. "On devait entendre, non pas leur crainte que l’école explose, mais bien leur crainte de dire, moi qui suis magrébin, ou moi qui suis de religion musulmane, est-ce que je vais être pointé du doigt demain ?"

Malgré le contexte ambiant, chacun a sa propre réaction. La solution: ne pas céder à la panique. "C’est recréer, renforcer le lien social, c’est ce partage social des émotions, c’est ne pas rester tout seul avec ses émotions, mais pouvoir les partager", conseille Serge Gozlan, psychiatre.

Six postes d’écoute existent en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les appeler est un moyen pour certains de s’exprimer sans être jugé.

 

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