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De plus en plus de caméras de surveillance dans les communes belges: "Celui qui n’a rien fait n’a rien à craindre"

COMMUNALES 2018

Le coût est très important mais de plus en plus de communes en installent. Exemple en province de Namur. Reportage de Christophe Clément, Benoit Elsen et Alain Hougardy.

Dans une pièce exiguë à l’étage du commissariat de Dinant, une jeune policière contrôle pas moins de 9 caméras de surveillance. De jour comme de nuit, elles permettent de capter les délits commis dans la rue.

"Ça ne permet pas d’élucider directement un fait mais ça donne des éléments d’enquête qui peuvent aboutir à une élucidation, voire parfois à des arrestations", raconte Bernard Dehon, chef de corps de la zone de police haute Meuse.

Décriées au moment de leur installation, les caméras de surveillance semblent aujourd’hui se fondre dans le paysage. Elles permettent à la police de garder un œil sur les gros événements publics, mais aussi de repérer les difficultés liées au trafic.

"Depuis que le système fonctionne, je n’ai plus aucune critique. Les critiques que je peux éventuellement recevoir, c’est parce que je me dis qu’il manque l’une ou l’autre caméra à certains endroits, voire dans certains villages", rapporte Richard fournaux, bourgmestre de Dinant.

"Etant donné le coût, il ne faut pas croire que les caméras de surveillance règlent tous les problèmes de sécurité dans une ville ou dans un centre-ville. C’est un apport, c’est un appui mais il ne faut pas concentrer tous les moyens", estime Axel Tixhon, conseiller communal et tête de liste Intérêt des Dinantais.


"Un jour viendra, où les principaux endroits seront suivis en permanence" 

À 40 kilomètres de là, à Andenne, 34 kilomètres de caméra de surveillance quadrillent le centre-ville depuis bientôt deux ans. Un budget de 425.000 euros.

"Je pense que c’est une bonne chose en fait, que la ville soit ainsi surveillée. Il y a eu pas mal de problèmes de violence depuis deux, trois ans", estime une passante.

"Maintenant, vous, vous sortez avec une dame. Vous êtes filmé, vous allez raconter quoi à la vôtre ?", interroge un homme.

Selon la police locale, le dispositif permettrait d’élucider jusqu’à 65% des infractions commises dans le centre-ville. Le bourgmestre ne cache pas son intention d’étendre le réseau, y compris dans certains villages.

"Un jour viendra, où les principaux endroits de la ville et des villages seront suivis en permanence 24 heures sur 24 par des policiers derrière des écrans, de façon à faire du flagrant délit en direct", prédit Claude Eerdekens, bourgmestre d’Andenne. Selon lui, pas de quoi s’affoler : "Celui qui n’a rien fait n’a rien à craindre", dit-il.

"Retrouver un enfant perdu grâce à une caméra, ça a une utilité. Pouvoir résoudre un cambriolage ou un vol grâce à une caméra ça a une utilité", souligne Etienne Sermon, conseiller communal et tête de liste ADN. "Maintenant il ne faut pas tomber dans l’excès d’une surveillance totale, constante, partout", nuance-t-il.

Afin de mieux répondre à l’évolution technologique une loi récente assouplit l’usage des caméras par la police. De nouvelles possibilités dont profitent également de plus en de communes.

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