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Coronavirus: la création d'un vaccin "n'est pas encore la fin du tunnel" selon cet immunologue

 
CORONAVIRUS
 

Les différents ministres de la santé en Belgique ont convenu ce lundi que les vaccins contre le coronavirus seront administrés sur base volontaire et gratuite à la population, lorsqu'ils seront disponibles. Les différentes avancées dans les phases de test sont plutôt de bonnes nouvelles pour la création de vaccins mais "ce n'est certainement pas encore la fin du tunnel", tempère Michel Goldman. Ce professeur d'immunologie à l'Université libre de Bruxelles est l'invité de Fabrice Grofilley à 7h50 sur Bel RTL ce mardi.

Diminuer le risque de maladie grave

"Il y a encore beaucoup d'incertitudes à lever, de mesures à respecter pour venir à bout de cette pandémie et ce n'est qu'ultérieurement qu'on peut espérer que le vaccin fasse sinon disparaître le virus, au moins faire disparaître la maladie", explique-t-il. "Un vaccin va compléter les autres outils que nous avons, pas les remplacer", a notamment déclaré lundi le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon Michel Goldman, sans pour autant connaître le temps que va prendre le déploiement des vaccins, "on sait qu'ils vont permettre d'éviter les formes les plus graves de la maladie. Mais est-ce qu'ils vont permettre de casser la chaîne de transmission, on l'espère mais ce n'est pas encore démontré. D'ici là, effectivement : prudence".

Concernant les résultats des tests annonçant une efficacité des vaccins parfois jusqu'à 95 %, le professeur en immunologie rappelle : "D'abord, ce sont des chiffres obtenus sur des volontaires de différents âges mais ce sont des volontaires qui ont été sélectionnés. Qu'est-ce qui va se passer dans la vraie vie, avec des gens qui souffrent d'autres maladies, qui prennent des médicaments ? Il faudra encore le voir". Alors, que signifient les chiffres annoncés ? Michel Goldman explique que "le taux de 95 % veut dire que lorsque le virus circule, vous avez 20 % de risques en moins de faire une maladie importante. On ne sait pas encore si ça empêche complètement et si ça va empêcher de devenir porteur".

Le plus grand défi va être de faire en sorte que les gens acceptent d'utiliser ces vaccins qui arrivent

Ce spécialiste appelle également à la plus grande transparence sur ce vaccin, répondant ainsi au scepticisme d'une part de la population face aux vaccins : "Je pense qu'aujourd'hui le plus grand défi va être de faire en sorte que les gens acceptent d'utiliser ces vaccins qui arrivent. C'est loin d'être gagné d'avance". En effet, les théories qui se répandent à propos d'une prétendue dangerosité du vaccin ne sont pas faciles à contrer, "parce qu'il n'y a aucune évidence scientifique pour toutes ces allégations, ces théories", admet Michel Goldman.

"Pour nous, en tant qu'académiques, de médecins, c'est très difficile d'aller à l'encontre de ces mouvements anti-vaccin", poursuit-il avant d'émettre des pistes de solutions. "Il faut respecter l'opinion de chacun. Je pense que ce qui est crucial, c'est de convaincre ceux qui sont hésitants. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se posent des questions, parfois de très bonnes questions. C'est à cette population là qu'on doit s'adresser", conclut-il.

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