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Ne pas intervenir soi-même, prendre la fuite si possible: comment agir en cas de cambriolage chez soi?

Ne pas intervenir soi-même, prendre la fuite si possible: comment agir en cas de cambriolage chez soi?
©RTL INFO
 
 

Dans toutes les régions et communes du pays, il y a un même sujet d'inquiétude : les cambriolages. Plusieurs cas ont eu lieu cette semaine encore. Notamment ce cambriolage qui a mal tourné mercredi à Ferrières. Que faire faire si cela vous arrive ?

Le premier inspecteur de la zone de police de Bruxelles Marc De Vijlder est l'invité du RTL Info Bienvenue pour donner quelques conseils.

Si je surprends des cambrioleurs qui sont en train de pénétrer chez moi, comme c'était le cas dans ce cambriolage à Ferrières, que nous conseillez-vous de faire ? Comment doit-on réagir ?

Premier conseil : c'est toujours de ne rien faire vis-à-vis des voleurs. S'il y a des voleurs, prévenez la police le plus vite possible pour qu'une équipe intervienne sur place. On n'est pas tous des Rambo donc on peut pas tous attaquer un cambrioleur. On ne sait jamais s'ils sont armés ou pas. Les biens sont remplaçables, l'argent est remplaçable, mais une vie humaine n'est pas remplaçable.

À aucun moment vous ne conseillez d'essayer d'affronter les cambrioleurs ?

Non, la police est entraînée pour faire des interventions, pour des cambrioleurs. Un citoyen n'est pas entraîné. On ne sait jamais comment les choses vont se dérouler. Et il y a différents articles pénaux qui entrent en jeu. Il y a le cambriolage d'une part, mais l'usage de la force ou de violence tombe sous un autre article qui est la légitime défense, d'autre part.

À partir de quand c'est considéré comme de la légitime défense et on peut accepter de réagir physiquement face à son agresseur ?

Les articles 416 et 417 du code pénal prévoient que la légitime défense c'est contre les personnes, pas contre les biens. L'attaque doit être directe, actuelle, pas une heure après, et doit être dirigée vers des personnes. Il ne doit pas y avoir d'autre moyen que d'éviter la violence, par exemple prendre la fuite. Si on est coincé, on peut se défendre. Si on sait prendre la fuite, on doit prendre la fuite. Et tout se passe très vite, un incident c'est quelques secondes, maximum une minute. 

Face à un cambrioleur, est-ce qu'il y a une attitude, des mots à avoir, des choses à lui dire qui pourraient le dissuader ? Est-ce que déclencher, si l'on sait, l'alarme à l'étage, est-ce qu'il y a des réflexes à avoir qui pourraient quand même déjà freiner et dissuader le voleur ?

Dès que le voleur sait qu'il est découvert, qu'il est vu ou qu'on l'a entendu. Il va prendre la fuite, il ne va pas rester sur place. Sauf dans des vols très particuliers où par exemple des cas de kidnapping. L'alarme est pour 80 % un moyen préventif. L'alarme en soit n'arrête pas le voleur, les caméras non plus. Ce sont surtout les mesures mécaniques et organisationnelles qui vont faire que le voleur reste dehors. une fois qu'il est à l'intérieur, il y a l'alarme qui peut éventuellement aider à le faire fuir.

Vous faites une distinction entre les cambriolages chez les particuliers et les cambriolages dans des commerces ?

Tout dépend du cambrioleur et son objectif. Si ce sont des jeunes qui sont à la recherche d'argent pour éventuellement acheter de la drogue ou autre, c'est tout à fait un autre but que quelqu'un qui sait que dans une grande villa il y a un tableau de Monet et qu'il a un client. Parce que là, on parle souvent de vol sur commande, on sait que l'objet se trouve là et on va tout faire pour l'obtenir d'une façon ou d'une autre.

Aujourd'hui, de plus en plus de Belges sécurisent leur porte d'entrée, mais ça ne suffit plus ?

Ça suffit parce que le cambrioleur normalement s'il a besoin de plus de 3 minutes pour entrer dans une maison, il va abandonner l'attaque et il va prendre la maison d'à côté où la porte est en carton. Mais ce qu'on constate les dernières années avec toutes les actions que nous avons faites qu'on s'est focalisé surtout sur les portes d'entrée et les voleurs maintenant le savent. Donc ils essaient de rentrer par d'autres moyens. Notamment les maisons de maître, c'est la fenêtre à l'étage ou par derrière, par le jardin. Ce qui est toujours néfaste pour un quartier, c'est quand il y a une maison en rénovation ou à l'abandon parce que c'est la porte ouverte pour tout le quartier. On rentre là, et derrière on est à l'aise, on n'est pas vu de la rue, on peut passer de jardin en jardin. Ou alors on monte et on va dans les corniches de maison en maison, surtout en été quand les velux sont ouverts pour aérer.




 

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