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Retour de la quarantaine obligatoire après un séjour en zone rouge: les vacances de la famille de Nicolas tombent à l’eau

Retour de la quarantaine obligatoire: Nicolas déplore que l'Etat ne fasse plus confiance au formulaire d'auto-évaluation
 
 

Les autorités entendent serrer la vis à l’approche des fêtes de fin d’année. Une mesure en particulier va compromettre les projets de voyages des Belges en dehors du Royaume: le retour de la quarantaine et du test obligatoires après un séjour en zone rouge, dès le 18 décembre. Cette mesure anéantit les vacances que Nicolas comptait passer avec sa famille en France dans sa résidence au sein d'un petit village de montagne où, selon lui, le risque de contamination est moindre qu'en Belgique.

La famille de Nicolas devait partir pour les fêtes dans sa résidence à la montagne en France. Elle devait, car selon toute vraisemblance ce projet tombe à l’eau avec le retour de la règle de la quarantaine obligatoire après un séjour de plus de 48 heures en zone rouge. "J’aimerais comprendre la logique qui a mené nos politiques à prendre cette décision", confie Nicolas, via le bouton orange Alertez-nous.

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Le père de famille explique qu’il envisageait de partir en famille dans sa maison située dans un petit village de Haute-Savoie. Le programme était surtout de se changer les idées, en cette période difficile. Il estime qu’il n’aurait pas pris plus de risques qu’en restant en Belgique : "Les restaurants y sont fermés, il n'est pas possible d'y faire du ski. Nous aurions été au supermarché, fait des balades en plein air, de la luge, un bonhomme de neige…"

Avec la nouvelle modification prévue des règles concernant les voyages en zone rouge, ce ne sera pas possible, à moins d'effectuer la quarantaine et du coup manquer l'école et le travail. "Nous n’avons plus tellement le choix, à moins de partir pour quatre jours en comptant le trajet", se désole l’habitant du Brabant flamand.

Nicolas ne comprend pas pourquoi le formulaire d’auto-évaluation doit être abandonné : un questionnaire qu’il estime "juste et intelligent" et qui "permet selon lui de faire le tri entre quelqu’un qui s’exposerait à un risque, par exemple en partant dans un hôtel et en fréquentant le restaurant de cet hôtel, et quelqu’un qui se rend dans un logement privé". Un outil qui laissait en somme une possibilité de partir, si on limitait au maximum ces risques.

Le quadragénaire restera donc très probablement chez lui "en zone rouge" : "On fera peut-être une journée à Bruxelles, une autre à Bruges ou encore à Gand! Dans quelle situation serions-nous le moins exposé au risque?", s’interroge-t-il.

Avec cette nouvelle mesure, qui d’après lui manque de sens, Nicolas craint "que la confiance de la population dans nos politiques ne fonde comme neige au soleil".

Quelle est la règle ?

A partir du 18 décembre, toute personne revenant d'une zone rouge devra passer 10 jours en quarantaine. Après sept jours, ces personnes devront également être testées. L’annonce vient de Karine Moykens, présidente du Comité interfédéral Testing et Tracing. La décision a été prise par le dernier comité de concertation.

Il s’agit bien d’un retour à des mesures plus strictes. Avant cela et depuis la mi-octobre, la quarantaine et le dépistage après un tel déplacement à l’étranger n’étaient obligatoires que dans le cas où vous receviez un sms vous intimant de suivre cette procédure, après avoir complété le questionnaire d’auto-évaluation du formulaire de localisation du passager. Il faudra toujours remplir ce formulaire "passenger location form" mais quarantaine et test redeviennent systématiques, quoique vous écriviez dans ce formulaire.

On a estimé qu’il était important de mieux contrôler

Et la confiance dans le citoyen ?

Exit donc le système actuel pour les retours des zones rouges qui se basait quasi exclusivement sur la bonne volonté du citoyen, au moyen d’un formulaire d’auto-évaluation. Nul doute que la faculté de réaliser à nouveau un nombre de tests plus important (jusqu’à 100.000 par jour) a contribué à permettre ce changement de stratégie. Au cabinet de la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, on précise aussi le contexte dans lequel la décision a été prise lors du dernier Comité de concertation : "On a estimé qu’il était important de mieux contrôler, en prévision des vacances de Noël… et pour éviter le scénario de la première vague (et des retours du ski)". Le but est bien de dissuader au maximum les Belges de partir en vacances, ce que le cabinet du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, confirme également. La quarantaine devrait aussi faire l'objet d'un point, lors du prochain Comité de concertation du 18 décembre.

Comment la nouvelle règle sera-t-elle contrôlée ?

En ce qui concerne le contrôle de ce nouveau changement de règle, l’intention est bien d’augmenter la pression. Dans le RTL INFO 13h de ce mardi 8 décembre, Karine Moykens a indiqué que la volonté était de renforcer ces contrôles "pour les gens qui reviennent vers notre pays, par l’aéroport, les ports ou les frontières terrestres".

Pour les quarantaines et dépistages, là aussi l’idée est d’assurer un meilleur suivi : "Les personnes de retour d’une zone rouge vont recevoir un code pour se faire tester, mais si après cinq jours, elles n’ont pas activé ce code, le centre de contact va les joindre".

La carte de l'Europe vire-t-elle toujours au rouge ?

Presque tous les pays sont actuellement classés en rouge sur la carte du SPF Affaires étrangères. En Europe, seules l'Irlande, l'Islande, la majeure partie de la Norvège, la plupart des îles Canaries et certaines parties du Royaume-Uni comptent des zones orange. Aucune zone n'est verte. Tous les voyages à l'étranger sont, pour rappel, déconseillés.




 

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