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"Vous trouvez ça normal qu'on incendie des véhicules de police?": débat tendu entre le bourgmestre de Bruxelles et des gilets jaunes (vidéo)

Depuis le 16 novembre, les gilets jaunes manifestent en Wallonie et à Bruxelles, avec des incidents sérieux ce vendredi dans la capitale. Pourquoi le malaise est-il si profond ? Les revendications de ces manifestants spontanés, peuvent-elles être centralisées et surtout entendues par le monde politique ?

Des gilets jaunes étaient sur le plateau de "C'est pas tous les jours Dimanche" afin de parler de leurs revendications. Ils sont revenus sur les incidents qui ont eu lieu lors de la manifestation de Bruxelles. "On nous a humiliés en nous obligeant à les enlever. On s'est fait attaquer gratuitement. Monsieur assume totalement, c'est très bien", a lancé Stéphanie Servais, une gilet jaune, en direction de Philippe Close.

Le Bourgmestre de Bruxelles a tout de suite répondu à la jeune femme. "Que pensez-vous des véhicules de police qui ont été incendiés ? Vous trouvez ça normal qu'on incendie des véhicules de police? (...) Ce n'est pas normal", a demandé Philippe Close.

"Pendant que vos véhicules brûlaient, j'étais à genoux", a rétorqué une autre gilet jaune.

Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a ensuite pris la parole. "Il y a beaucoup de confusion parce que quand on pose la question de l'autorisation, elle porte d'abord sur le grondement, la grogne sociale. Et on est aujourd'hui avec un tel malaise qu'on pense qu'on peut sortir totalement des clous parce que c'est inacceptable (...) Les gilets jaunes sont l'expression de ce bouillonnement de la marmite sociale. Et on n'écoute plus aujourd'hui les gens (...) Le gouvernement avec lequel nous vivons aujourd'hui, à l'échelon fédéral, n'écoute plus les gens. Les mécanismes de concertation sont cassés. Donc il ne faut pas s'étonner à un moment donné que les gilets jaunes soient en rue, car ils n'ont plus de relais sur le plan politique, syndical, et ce grognement se fait entendre", a précisé Rudy Demotte.

"On ne demandera pas l'autorisation, on n'a pas à nous confiner à prendre certaines rues alors qu'on ne fait que marcher dans des rues juste habillé de gilets jaunes", a expliqué Stéphanie Servais. "La réalité des choses c'est qu'on avait des forces de police parmi les manifestants et qui ont enflammé les autres forces de police pour nous faire attaquer. On marchait dans la rue et on s'est fait gazer comme des moins-que-rien. On s'est fait arrêter, on s'est fait humilier. On nous a obligés à jeter nos gilets jaunes pour pouvoir circuler dans Bruxelles et ça, c'est honteux Monsieur. On bafoue nos droits", a décrit la gilet jaune au Bourgmestre de Bruxelles.

"Mon rôle comme Bourgmestre de Bruxelles n'est pas de juger la pertinence de votre combat. J'ai une opinion là-dessus. Pour chaque manifestation, 900 par an, j'ai une opinion sur chaque manifestation, mais ce n'est pas pour ça que je suis élu. Je répète que je suis prêt à autoriser une manifestation des gilets jaunes, mais je veux qu'elle s'organise. Je ne veux pas de débordement", a précisé Philippe Close, expliquant que des manifestants avaient lancé des boules de billard sur des agents.

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