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Le permis de conduire à points est-il enfin prêt en Belgique? "Il y a trop de laxisme, on doit le faire"

Le permis de conduire à points est-il enfin prêt en Belgique? "Il y a trop de laxisme, on doit le faire"
 
 

Le permis de conduire à points va-t-il être instauré en Belgique ? D’après les sondages, seuls 30% des francophones le souhaitent. Au nord du pays, 50% des Flamands y sont favorables. Le nombre de morts sur nos routes est en tout cas à nouveau affolant. On retrouve le niveau d’avant la pandémie. Il y a deux fois plus de morts par habitant en Wallonie qu’en Flandre. Et le permis à points est censé rendre les routes plus sécurisantes.

Alors, où en est-on dans ce dossier au niveau politique ? En France, le permis de conduire à points a été instauré il y a 30 ans. On l’ignore souvent, mais en Belgique, une loi votée en 1990 permet l’instauration d’un tel permis. Elle n’a toutefois jamais été mise en application. 32 ans plus tard, ce mercredi, le ministre fédéral de la Mobilité était ravi d’annoncer qu’il relançait l’idée d’un permis à points.

"On doit le faire" selon Ecolo 

Ecolo souhaite mettre rapidement ce dossier sur la table du gouvernement. "Il y a eu 112 décès en 2022. Et derrière chaque accident, il y a des familles, des amis, des destins qui sont bouleversés. Quand on parle de l’Angleterre, où il y a un permis à points, les Anglais font 50% de mieux que nous en sécurité routière. En fait c’est 50% de vies humaines", souligne ce midi Nicolas Parent, député fédéral écologiste, sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche. "Il faut un arsenal de mesures, renforcer les contrôles. En Belgique, il y a trop de laxisme. Les sanctions sont trop laxistes, il y a un sentiment d’impunité sur la route. Le permis à points, c’est une boîte à outils supplémentaire. On doit le faire. Un système belge", estime le député qui se base sur l’étude réalisée par Vias, l’institut pour la sécurité routière. 

Un système moins "aveugle" qu'en France 

Ce permis à points serait un peu moins "aveugle" qu’en France, selon Benoît Godart. "On est favorable à un système semi-automatisé. Cela veut dire que l’on vous retire des points et un certain niveau. Au lieu de vous retirer aveuglément des points, on vous envoie devant un juge qui lui va statuer en fonction éventuellement de circonstances", explique le porte-parole de Vias. "La majorité des gens ne sont pas concernés par le permis à points parce que par exemple en France 86% des Français ont encore tous leurs points ou en ont perdu qu’un ou deux. Ceux qui perdent leur permis sont ceux qui commettent de très grosses infractions de vitesse et d’alcool notamment", tient à ajouter Benoît Godart.

"Il y a deux effets pervers au permis à points" selon le MR 

François Bellot, député wallon MR, ne semble par contre pas favorable à un permis à points. Le libéral a mis en évidence les effets pervers de ce système. "Le premier, c’est le trafic de points. Vous n’imaginez pas le nombre de pépés, de résidents de maison de repos, à qui on retire des points. Et la deuxième chose, en France, selon les évaluations, il y a 700.000 personnes qui roulent sans permis. Le problème, c’est la récidive des grosses infractions", souligne le député wallon qui estime qu’il faut réaliser beaucoup plus de contrôles.

Les différents partis du gouvernement ne semblent donc pas d’accord sur cette question, alors qu’en Flandre un consensus semble se dégager pour instaurer un tel permis pour réduire les comportements dangereux au volant.


 

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