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"Faut que ça reste du rock !": en studio avec Dominique A

Le chanteur Dominique A aux studios Pigalle à Paris, le 15 février 2018STEPHANE DE SAKUTIN

"Ouais... mais faut que ça reste du rock !": Dominique A, en pleine répétition aux studios Pigalle à Paris, rappelle à ses quatre musiciens le leitmotiv de la tournée qui se profile, sous les yeux de l'AFP.

Tout autour d'eux, des instruments, des machines, des valises... Une rivière de câbles traverse la salle. Ils relient les pédales aux sonos et à la table de mixage. Une souris s'y prendrait les pattes. Des loupiotes asiatiques au plafond pour une lumière tamisée.

Mi-février. Dehors la pluie. Dedans la chaleur. Dominique A et ses "quatre fantastiques" sont prêts à dégainer: Thomas Poli aux claviers, Etienne Bonhomme aux percussions électroniques, le Belge Sacha Toorop à la batterie, l'Américain Jeff Hallam à la basse. Et face à eux, en charge de la production sonore: Dominique Brusson, dit "Dom' B", qui réalise depuis 20 ans tous les albums de "Dom' A", dont l'excellent "Toute latitude" sorti début mars.

Le panneau "ON AIR" est allumé. "Yvette on air", ose Etienne, le petit nouveau de la bande en charge de la métronomie électronique qui marque l'esthétique post punk et new wave de ce nouveau disque.

Le morceau "Cycle" lance la session de répétition. "Ce qui sera, de ce qui est...", chante Dominique A d'une voix qui porte encore les stigmates d'une bronchite. Malgré la gêne, une profonde sérénité se dégage du chanteur de 49 ans, devenu en 25 ans de carrière une figure respectée de la scène rock française.

Une ambiance "dark" s'empare de ce titre, plus encore que dans l'album. Serait-ce la tonalité recherchée pour les concerts à venir? En tout cas, l'habit fait le moine chez le chanteur et ses musiciens, tous vêtus en noir.

Le morceau se finit. Un peu trop vite au goût de Dom' B. "Ok, mais on ne la refait pas", répond Dom' A pressé d'enchaîner.

- Direction Manchester -

Les premières notes de "La mort d'un oiseau" surgissent de la basse de Jeff Hallam, rejoint par Etienne Bonhomme. On est transporté dans le Manchester de 1980.

Le chant de Dominique A apporte la chaleur nécessaire à ce titre glaçant qui fait écho au "Courage des oiseaux", avec lequel il révéla son talent singulier en 1992.

Soudain tout s'arrête. "C'est pour moi", marmonne Etienne, fautif sur le coup. De toute évidence, aux yeux de chacun, pas mal de petites choses sont à parfaire. Pendant que Sacha rassure son acolyte, Dominique A fait observer à Thomas, son claviériste, qu'il ne lui a "pas donné la note".

Le deuxième essai est d'une toute autre facture. Les deux batteurs sont synchrones. La fin approche, il s'agit de la maîtriser. Elle revient à Jeff, dont la basse assure impeccablement le decrescendo.

La satisfaction est dans les regards. Mais Dominique A ne laisse aucun répit à ses partenaires et enchaîne directement avec "La clairière" à la guitare.

Aux batteries, les frappes coordonnées d'Etienne et Sacha sont de plus en plus intenses. La montée est prenante, l'eau tremble dans les bouteilles, les têtes de quelques curieux pointent de la salle d'à côté. Le groupe semble emporté par la puissance qu'il dégage. Heureusement, les épais tapis amortissent le retour sur la terre ferme.

Une demi-heure est déjà passée. Jeff lance l'introduction de "Des deux côtés d'une ombre".

L'Américain a de l'allure, en équilibre sur la pointe des pieds, genoux pliés en avant. Etienne grimace, à peine vient-il de se replacer devant ses percussions. Dominique A, qui a encore changé de guitare, a le sourire mutin.

Manches de chemise retroussées, il enchaîne ses accords les yeux fermés, concentré. Mais Dominique Brusson intervient: "ça ne va pas".

Ce titre sera impeccablement bien exécuté au second essai. Restent une vingtaine encore à maîtriser d'ici le 24 mars, première date de la tournée, à La Rochelle. Une tournée qui passera notamment par la Philharmonie de Paris (14 et 15 avril) et les Nuits de Fourvière (16 juin).

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