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Chars, drapeaux tricolores et smartphones: à Paris, la Libération 75 ans après

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"Il faut continuer à faire perdurer la mémoire": 75 ans après, passionnés d'Histoire et badauds ont revécu dimanche la Libération de Paris, au son des sirènes et du jazz dans un quartier emblématique des évènements.

Des chars, des camions, des jeeps et des dizaines d'uniformes ont envahi, en ce chaud dimanche d'août, le quartier de la porte d'Orléans, par où étaient entrées les troupes de la 2e division blindée du général Leclerc, le 25 août 1944.

"C'est la Libération de Paris, c'est un tournant", raconte, debout entre deux véhicules d'époque, Michael Hamon, membre de l'Univem, l'Union nationale des collectionneurs de véhicules militaires. "La guerre était loin d'être finie mais c'était la capitale économique, le coeur de la France".

En tenue de soldats, marins, membres de la Croix rouge, facteurs ou en simples Parisiens, ils sont des dizaines de passionnés de reconstitution historique à être venus défiler. "On matérialise l'Histoire, en plus de la raconter", résume Pierre, 23 ans, étouffant de chaleur sous son uniforme de parachutiste.

Cindy Rogues, 26 ans, porte l'uniforme vert et le calot des "Rochambelle", ces ambulancières rattachées au corps de la 2e DB. "On essaye aussi de représenter les femmes, pour rappeler qu'elles menaient le même combat que les hommes. Elles ont été bien présentes pour aider à la Libération".

Après une cérémonie d'hommage, un cortège s'élance vers 15H30 le long de l'avenue du général Leclerc. Un char avance entre deux rangées de badauds qui, sur les trottoirs, prennent des photos avec leurs smartphones, font des signes de la main ou applaudissent. Derrière une jeep, sur laquelle joue un petit ensemble de jazz, des femmes, en robes et chapeaux d'époque, marchent en dansant, agitant des drapeaux français.

Invités à pavoiser leurs fenêtres, très peu de riverains et commerçants ont pourtant accroché des drapeaux tricolores. L'appel à s'habiller en tenue d'époque n'a pas non plus été très suivi: l'heure est plutôt aux shorts et T-shirts qu'aux vestes et robes des années 1940.

- "L comme Libération !" -

Nelly, 70 ans, a coiffé un béret violet et s'est déplacée pour "rendre hommage à (ses) parents. Ma mère me parlait toujours de la Libération", dit-elle. Son père a été prisonnier de guerre et "les prisonniers de guerre arrivaient à la gare par la voie L. Ma mère me disait toujours, +L comme Libération+ !", sourit la septuagénaire.

Anthony et Camille, 25 ans, estiment qu'ils font "partie d'une génération qui pourrait facilement oublier." Policiers tous les deux, ils sont venus habillés en tenue d'époque, pour "rendre hommage à tous les combattants de la Libération". "Tous nos grands-parents meurent, les uns après les autres, du coup il faut continuer à faire perdurer la mémoire", estime Camille.

"Je suis en train de lire +La Bicyclette bleue+, de Régine Deforges", un roman qui se déroule en partie pendant l'Occupation, sourit Christelle, 36 ans, qui regarde passer le cortège. "Aujourd'hui, ça revient, l'antisémitisme, les violences raciales. On est pas à l'abri que des conflits renaissent, donc c'est important de se souvenir du passé, de l'Histoire".

Au bout d'une heure, la foule aboutit place Denfert-Rochereau, où a été inauguré un nouveau musée de la Libération.

"Nous montrons (...) que Paris était et demeure la ville de la liberté", déclare la maire de la capitale, Anne Hidalgo. A quelques mètres, une plaque indique l'avenue Rol-Tanguy, du nom du colonel qui coordonna l'insurrection de Paris depuis son QG souterrain situé sous le nouveau musée.

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