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Staline et Marie-Antoinette au menu des prochaines ventes Aristophil

Staline et Marie-Antoinette au menu des prochaines ventes Aristophil
De nouveaux documents historiques exceptionnels seront présentés aux enchères en avril dans le cadre des nouvelles ventes du fonds AristophiMARTIN BUREAU
histoire

Staline, Marie-Antoinette ou encore Mara : de nouveaux documents historiques exceptionnels seront présentés aux enchères en avril dans le cadre des nouvelles ventes du fonds Aristophil, a annoncé jeudi à l'AFP la maison de ventes Aguttes.

Sur une feuille dactylographiée de mai 1944 et signée à l'encre bleue, Joseph Staline, après la reconquête de Sébastopol, ordonne que la ville soit débaptisée et que son nom soit russifié en "Sebastopolsky".

Parmi d'autres manuscrits phares : une lettre d'Henri IV de 1585 à son beau-frère Henri III, lui reprochant d'avoir cédé à la pression des Ligues, une autre de Marie-Antoinette en mars 1790 au mari de sa favorite Gabrielle de Polastron, exprimant son "amitié inaltérable" et proclamant : "J'ai du courage, et pour mes enfants et mes amis, je saurai me soutenir"; un plaidoyer du marquis de Condorcet sur les droits des peuples de 1791; un roman autographe de 1770/71 du futur tribun Marat, qui raconte les aventures du comte Potowski, plaidoyer pour la résistance des Polonais contre la tsarine Catherine II.

Sur le volet artistique, les ventes, début avril, proposeront un "Livre ouvert" d'Eluard de 1944, où des gouaches accompagnent les textes, une huile sur toile de Renoir "Femme en rose dans un paysage à Cagnes", une lettre illustrée d'un autoportrait de Matisse, une missive de Rimbaud à Verlaine contenant le poème "Bonne pensée du matin".

La tentaculaire "affaire Aristophil" fait l'objet de procédures pénales et civiles toujours en cours.

18.000 épargnants, auxquels Aristophil avait proposé d'investir dans de prestigieux manuscrits, comptent sur ces ventes aux enchères pour être, au moins partiellement indemnisés. Les manuscrits dans lesquels ils avaient placé leurs économies se sont révélés largement surpayés par rapport au prix du marché, et certains ont été ruinés.

Quatre maisons (Aguttes, Artcurial, Drouot Estimations et Ader-Nordmann) sont chargées sous le sigle OVA (Opérateurs de Vente Aristophil) de la dispersion des pièces.

Selon Aguttes, l'ampleur des collections représente plus de 300 ventes aux enchères, ce qui implique un temps long. Manuscrits, tableaux, livres précieux, etc... sont répertoriés par catégories (beaux-arts, littérature, musique, "origine" - documents anciens -, histoire, sciences humaines, histoire postale), et présentés dans des catalogues très documentés, véritables mines pour les chercheurs.

"Une collection de cette importance n'existe pas au monde, on a choisi de garder le nom Aristophil comme image de marque", explique à l'AFP Me Aguttes, reconnaissant au moins un fin talent de collectionneur à l'ancien président d'Aristophil, Gérard Lhéritier, aujourd'hui poursuivi.

Les 14 premières ventes (en deux temps) en 2018 avaient atteint 26,4 millions d'euros.

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