Air France: l'intersyndicale exhorte la direction à dialoguer

Air France: l'intersyndicale exhorte la direction à dialoguer
Ulcérés par des négociations au point mort alors que les pilotes de KLM viennent de décrocher une hausse salariale, neuf syndicats d'Air France étaient réunis vendredi matin pour définir les "modalitThomas SAMSON

Les membres de l'intersyndicale d'Air France, réunis vendredi matin, ont affiché leur volonté de dialoguer avec la direction sur l'épineuse question d'une hausse salariale, après avoir d'abord menacé de durcir le mouvement face à des négociations au point mort.

"L'intersyndicale cherche toujours une résolution rapide du conflit" et n'a pas émis de préavis de grève, a indiqué à l'AFP Karim Taïbi, de FO Air France, après une réunion organisée à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).

Fin août, l'intersyndicale composée d'organisations de pilotes (SNPL et Alter), d'hôtesses et de stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), s'était dite prête à "un fort durcissement du conflit".

Mais en l'absence d'interlocuteur, le groupe Air France-KLM attendant toujours l'entrée en fonction de son nouveau directeur général, l'intersyndicale a choisi de prendre son mal en patience.

"On ne veut pas se laisser entraîner dans la surenchère", explique M. Taïbi.

Le mécontentement, alimenté par l'annonce en début de semaine d'une hausse de salaires accordée aux pilotes de KLM, n'a pas pour autant faibli.

"Les salariés d'Air France sont consternés par le climat dans l'entreprise et par ce qui s'y passe", souligne Philippe Evain, président du SNPL interrogé par l'AFP.

"On voit bien que pour les pilotes de KLM, la négociation et la conclusion d'un accord est possible (...) et que pour la partie française, rien ne se passe, tout est bloqué, tout est figé", regrette-t-il, jugeant cette "différence de traitement incompréhensible".

"Il y a un conflit, il faut le régler", estime-t-il en dénonçant le "mépris de la direction".

"On demande juste un rattrapage" des salaires, rappelle Jérôme Beaurain, de SUD-Aérien.

L'intersyndicale réclame une hausse générale de 5,1% des salaires correspondant à l'inflation sur la période 2012-2017.

Elle avait mené 15 journées de grève entre le 22 février et le 8 mai, qui ont coûté 335 millions d'euros à Air France-KLM.

Le mouvement avait été suspendu après la démission du PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, désavoué par le personnel lors d'une consultation sur un accord salarial lancée à son initiative.

Le nouveau directeur général, le Canadien Benjamin Smith, doit prendre ses fonctions d'ici la fin du mois.

Contactée par l'AFP, la direction d'Air France n'a pas souhaité faire de commentaire.

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