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Dans la médina de Tunis, des touristes confiants malgré le double attentat

"Les attaques d'hier, ça peut arriver n'importe où", affirme Alberto, un Portugais qui visite tranquillement vendredi la médina de Tunis, où la vie a repris son cours. Non loin de là, seules quelques barrières de sécurité rappellent l'attentat ayant tué la veille un policier.

Des policiers montent la garde à l'entrée de la vieille ville, à quelques centaines de mètres de là où un kamikaze a déclenché sa charge explosive contre une voiture de police. Mais les commerçants s'affairent et les touristes déambulent ou se prennent en photo devant les échoppes du centre historique.

"C'est très triste, mais ça peut arriver n'importe où", souligne auprès de l'AFP Ulrika Berg, une salariée d'université suédoise séjournant dans un hôtel de la médina.

Sa collègue Gisela Isgren a l'air un peu plus soucieuse. "Nous ne sommes revenues dans la médina qu'en soirée, et l'ambiance était étrange, très calme", raconte-t-elle.

Elle a toutefois été rassurée après avoir contacté l'ambassade suédoise. "A l'ambassade, ils nous ont dit +soyez prudents mais n'ayez pas peur+", affirme cette quadragénaire aux yeux bleu perçant. "La cible semble surtout être les policiers, pas les touristes," avance-t-elle.

L'ambassade britannique a, elle, déconseillé vendredi à ses ressortissants de se rendre dans la médina et sur l'avenue Bourguiba, artère centrale où a eu lieu l'attentat.

Un seconde kamikaze s'est fait exploser jeudi, dans le cadre de cette double attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), mais plus en périphérie de la capitale, blessant quatre policiers.

- "Pas inquiets" -

Gérante d'une petite boutique de chaussures dans une ruelle de la médina depuis une vingtaine d'années, Saïda, une quadragénaire au visage rond coiffé d'un voile, assure que "tout est revenu à la normale".

Elle dit recevoir de nombreux messages d'amis algériens lui assurant qu'ils n'annuleront pas leur séjour cet été en Tunisie. "Nous avons l'habitude maintenant, même les touristes ne sont pas inquiets. La Tunisie restera debout".

Après des années difficiles pour le secteur en raison notamment d'une série d'attaques jihadistes sanglantes en 2015 visant des vacanciers (60 morts dont 59 journalistes), ce secteur connaît depuis 2017 une nette reprise grâce à une amélioration de la sécurité.

Près de son échoppe, Walid, la quarantaine, vend des bijoux artisanaux. Comme nombre de commerçants, il a dû fermer boutique la veille vers 15 heures, après que les rues entre la médina et l'avenue Bourguiba ont été bouclées.

"Nous avons pris l'habitude de ces tristes nouvelles dans tous les pays: en France, en Angleterre... Mais ces attentats ne vont rien changer à la saison", juge-t-il.

Sur l'avenue Bourguiba, quelques touristes se promènent devant les terrasses bondées. Les discussions portent surtout sur la Coupe d'Afrique des nations, dans le cadre de laquelle la Tunisie jouait vendredi contre le Mali, et sur l'état de santé du président Béji Caïd Essebsi, hospitalisé la veille après un "grave malaise".

"Aujourd'hui, on a l'impression que rien ne s'est passé, sauf qu'il y a un peu plus de présence militaire. Mais c'est normal", confie Ghislain, un Français.

"Je pense que la saison restera bonne", dit Béchir Bouazizi, jeune employé d'un commerce situé en face du lieu de l'attentat.

Tunis table cette année sur neuf millions de visiteurs.

Le ministre du Tourisme René Trabelsi s'est lui aussi dit confiant pour le reste de la saison touristique, assurant qu'aucun évènement culturel ne serait annulé.

Un optimisme partagé par un touriste français, Christophe. "Si l'on s'inquiète (de ce type de risques), on ne fait plus rien d'autre". "Il faut continuer à vivre, montrer que l'on n'a peur de rien et qu'il faut y aller quand même".

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