Le gouvernement promet de nouvelles mesures pour réduire la dette publique

Le gouvernement promet de nouvelles mesures pour réduire la dette publique
Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse au ministère de l'Economie à Paris, le 15 février 2018 ERIC PIERMONT

Haro sur la dette: le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé jeudi de nouvelles mesures dès cette année pour réduire l'endettement de la France, écartant toute "cagnotte" si les recettes s'avéraient plus élevées que prévu.

"Nous devons réduire notre dette parce que cela nous expose à une remontée des taux d'intérêt et que c'est de l'argent dilapidé", a affirmé M. Le Maire lors d'une conférence à Bercy, aux côtés de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

"Nous prendrons dès 2018 un certain nombre de mesures pour aller dans cette direction", a-t-il annoncé, sans toutefois donner plus de précisions sur celles-ci.

La semaine dernière, dans son rapport annuel, la Cour des comptes avait mis en garde le gouvernement contre tout "relâchement" dans la gestion des finances publiques, appelant l'Etat à accélérer les réformes pour réduire son niveau de dépenses et de dette publique.

Cette dernière, résultat de l'accumulation des déficits, devrait augmenter en 2017 à 96,8% du PIB, puis se stabiliser en 2018, à près de 2.250 milliards d'euros, selon les chiffres du projet de loi de finances pour 2018.

"2.200 milliards de dette, ça dépasse l'entendement", a de son côté déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui s'exprimait quasiment au même moment dans le cadre d'une conférence sur la dépense publique organisée par la Fondation Concorde, un groupe de réflexion libéral.

A l'unisson, et comme le Premier ministre Edouard Philippe début janvier, les deux ministres ont exclu toute "cagnotte fiscale" susceptible de bénéficier aux contribuables.

"Tous ceux qui parient sur une cagnotte seront déçus, parce qu'il n'y en aura pas", a averti M. Le Maire.

"Dans les mois qui viennent, s'il y a des recettes fiscales supplémentaires liées à la croissance, elles iront en priorité au désendettement de la France", a-t-il précisé. Mais "cela peut aller au-delà des rentrées fiscales", a-t-il ajouté, n'écartant pas l'éventualité de privatisations.

- "Poison pour l'économie" -

Mais M. Le Maire, qui a qualifié la dette de "poison pour l'économie française", a surtout mis en garde contre la hausse attendue des taux d'intérêt, maintenus à leur plus bas niveau historique depuis mars 2016.

Selon le président de la Banque centrale européenne (BCE), une remontée des taux directeurs est à attendre à la mi-2019. Mais le taux d'emprunt de la France à dix ans s'est déjà tendu depuis le début de l'année sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Il s'établissait jeudi à 1,025% contre 0,777% début janvier.

"Nous savons que l'augmentation des taux d'intérêt pèsera sur les charges de la dette française", a expliqué le ministre de l'Economie.

"Oui c'est inquiétant", a estimé de son côté M. Darmanin. "Un point d'augmentation de la dette c'est l'équivalent du budget du ministère de la Justice qui part en fumée", a-t-il observé.

"Nous ne considérons pas cependant que c'est alarmant, puisque nous avons pris nos dispositions pour considérer qu'il y aura une augmentation et c'est prévu dans la trajectoire de finances publiques", a-t-il toutefois ajouté.

Sur les engagements européens de la France, M. Le Maire a appelé à "juger les gens à leurs actes et les nations à leurs décisions".

"Nous avons pris toutes les décisions nécessaires en matière de dépense publique en 2017 pour être sous les 3% de déficit", a-t-il assuré, citant comme exemple la réduction "massive" des emplois aidés, une mesure qu'il a présentée comme "un choix politique courageux".

"C'est bien la preuve qu'il ne faut pas ranger la France du côté des cigales. C'est injuste et c'est faux", a-t-il affirmé, appelant à mettre fin à cette "caricature".

Selon les dernières prévisions de Bercy, le déficit public devrait s'établir à 2,9% du PIB en 2017, passant pour la première fois depuis dix ans sous la barre des 3% exigée par les traités européens. En 2018, il devrait atteindre 2,8%.

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