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La Grèce et son budget défense faramineux

La Grèce, sujet sur toutes les lèvres pour cause de G20, n’en finit pas d’étonner. Annonce d’un référendum qui sera finalement annulé, diminution de la dette privée de 50%, remplacement du chef d’état-major des armées et des chefs d’état-major de l’armée de Terre, de la Marine et de l’Armée de l’air,… Cette dernière information rappelle d’ailleurs par la même occasion que le budget de 6 milliards d’euros de Défense de la Grèce, lui, n’a pas été touché.

A l’annonce du remplacement de différents chefs d’état-major grecs, la réponse de la droite au clan du premier Ministre fut sans appel, pouvait-on lire sur le site de France info : “Vous êtes finis, laissez les forces armées tranquilles !”. En Grèce, on ne touche pas à l’armée comme ça. Une armée toute puissante. La république hellénique a un budget Défense qui représente 2,8% du PIB. Pour info, les Etats-Unis, en 2010 enregistraient un budget défense de 4,8% sur leur PIB total (14.624 milliards de dollars). Ce qui place la Grèce en deuxième position derrière les Américains (parmi les membres de l'OTAN) ! 

Un budget défense proche de celui des Etats-Unis

Disposer d’un budget Défense qui suit celui des Etats-Unis (en proportion du PIB), alors qu’on est sous le coup d’un plan d’austérité drastique, est plus qu’étonnant. Eva Joly, candidate du parti Europe-Ecologie-Les Verts à la présidentielle française 2012, a estimé dans une interview pour 20minutes que ce budget « permet à la Grèce d’acheter des armes aux Français et aux Allemands et donc de faire tourner nos industries. » Ce qui, selon elle, expliquerait pourquoi le couple franco-allemand ne fait pas pression sur la Grèce.

La menace turque

A Athènes, on justifie de telles dépenses par la menace turque: « On ne s’en rend pas compte en Europe de l’Ouest, mais nous vivons sous la menace permanente de la Turquie », explique Filios Stangos, journaliste pour la télévision publique, sur le blog Coulisses de Bruxelles de Libération. Jean Quatremer évoque également dans cet article « l’exonération d’impôt dont bénéficient les sociétés d’armateurs, entre autres. » Car la fonction publique représente tout de même 800.000 personnes sur les 11 millions d’habitants.

Un budget défense par habitant cinq fois plus élevé


Certains avancent que la solution serait « l’intégration de la Turquie dans l’UE », car elle « conduirait sans doute les Grecs à réduire durablement leur budget militaire », peut-on lire sur le site de l’Observatoire de la Vie Politique Turque , dans un article édité au moment de la mise en place de l’aide de 110 milliards d’euros il y a un an. Est même ajouté sur cette source qu’en comparaison à la Turquie, le budget Défense par habitant en Grèce est de 1000 dollars par habitant, alors que pour la Turquie, qui est 7 fois plus peuplée (74 millions d’habitants), il est de 200 dollars par habitant.

Le budget réduit n’aurait « aucun effet sur la défense nationale »

Sur un blog dédié à la Grèce, on va même plus loin, en estimant que ces 4 % du PIB ne servent qu’à « financer la bureaucratie en uniforme la plus inutile et parasite qui soit : des milliers de généraux, […], d’innombrables casernes dans activité militaire, des chauffeurs d’officiers qui ne remplissent aucune mission de nature militaire… ». On ajoute même que ce budget réduit n’aurait « aucun effet quelconque sur la défense nationale ». La Grèce a quand même revu à la baisse ses dépenses de fonctionnement (dépenses annuelles pour la collectivité) de 10,8% en 2010, ainsi que ses dépenses d’armement : -9% pour la même année.

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