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Le "nautisme propre" au Grand Pavois: un moteur encore au ralenti

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Des visiteurs examinent des bateaux sur le port des Minimes lors du salon Grand Pavois à La Rochelle, le 27 septembre 2018XAVIER LEOTY

Trois bateaux neufs sur quatre sont des bateaux à moteurs, mais quasiment aucun n'embarque une motorisation électrique ou hybride: c'est le constat de la filière nautique au Grand Pavois de La Rochelle, même si elle prédit un fort potentiel au secteur de la "plaisance propre".

"Le marché est très peu mature", a expliqué Jean-François Herry, le représentant de l'Association française pour le bateau électrique (AFBE) au Grand Pavois, l'un des plus importants salons à flot au monde, placé cette année sous le signe de l'innovation environnementale.

Chaque année "il se vend une centaine d'unités (électrique ou hybride) en petite plaisance, une dizaine pour le transport de passagers et quelques dizaines de voiliers se convertissent à l'électrique", selon le président de l'AFBE Xavier de Montgros. Ce qui correspond à moins de 1% de l'activité des chantiers navals, qui ont vendu 13.141 bateaux en 2016-17.

Les moteurs électriques pâtissent de leur prix, 30% à 50% plus cher qu'un moteur à explosion, de "l'image d'une technologie encore balbutiante" et de doutes sur l'autonomie. Pourtant, les derniers modèles présentés au Grand Pavois, qui se tient jusqu'à lundi, embarquent des batteries capables de tenir "6H30 à une vitesse moyenne de 15 nœuds (28 km/h) alors qu'en moyenne les plaisanciers ne vont pas à plus de 10 nœuds", selon M. Henry.

Mais la demande existe, "même si elle ne se mesure pas encore en pourcentage à deux chiffres" de la demande globale, selon Philippe Pallu, vice-président de l'AFBE et fondateur d'Alternatives énergies, une entreprise spécialisée en navires de transport de passagers à propulsion électrique ou hybride.

Alternatives énergies équipe plusieurs villes de France en petits ferries, navettes ou passeurs, comme Marseille, Toulon, Paris, La Rochelle. Mais dans ces cas précis "l'utilisation quotidienne permet d'amortir l'investissement" et de surmonter l'écueil du coût, relève-t-il.

Mais aussi les chantiers navals ne proposent pas encore d'offre à la hauteur "parce que cela pose un problème d'organisation de la chaîne de production", concède M. Pallu de la Barrière. "Mais tout le monde y réfléchit sérieusement".

Selon une étude d'IDTechEx, cabinet conseil spécialisé notamment dans les technologies émergentes, le marché du bateau électrique ou hybride ne représente aujourd’hui que 1 à 2 % du secteur maritime, mais devrait connaître une croissance exponentielle dans la décennie à venir.

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