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Le savon de Marseille a un nouveau musée

Le savon de Marseille a un nouveau musée
Des savons de Marseille exposés dans le deuxième musée du savon de Marseille dans la cité phocéenne le 12 mars 2018 BERTRAND LANGLOIS

Un deuxième musée du savon de Marseille ouvre mardi dans la cité phocéenne, misant sur l'attrait pour ce produit traditionnel, mais pénalisé par les importations et les divisions entre producteurs français.

Baptisé Musée du Savon de Marseille, ou MuSaMa, cet espace de 400 m2 offre un bref parcours avec exposition de publicités anciennes et d'une imposante cuve de saponification. Le visiteur (12 euros en plein tarif) peut "boudiner" son propre savon à l'aide d'un outil traditionnel et repartir avec un exemplaire.

Situé à deux pas du Vieux-Port, le musée compte sur la clientèle touristique, et a traduit ses contenus en huit langues dont le japonais et le chinois via une application.

"L'idée, c'est de promouvoir le savon de Marseille, ses propriétés, le fait qu'il soit fait de 72% d'huile végétale, de soude et d'eau, c'est un savoir faire que l'on veut promouvoir à l'international", a expliqué lundi à l'AFP la directrice du lieu, Coralie Jaussaud.

Elle a fondé cet espace, qui table sur 30.000 visiteurs dès cette année, avec son mari, Jean-Baptiste, grâce notamment à une aide de 100.000 euros de la région Paca. Le musée est accolé à une boutique qui vend les produits de la savonnerie artisanale qu'ils ont repris en 2010, La Grande Savonnerie, et de quelques autres fabricants.

Un premier musée du savon de Marseille, rattaché à une autre savonnerie, La Licorne, présente déjà depuis 2016 plusieurs machines anciennes à moins d'un kilomètre du MuSaMa. "Cette ouverture est une bonne nouvelle" pour les producteurs, assure à l'AFP son patron Serge Burna, qui dit ne pas redouter la concurrence. D'autres savonneries traditionnelles organisent aussi leurs propres visites.

Ce nouveau musée ouvre alors que le savon de Marseille souffre de l'absence d'indication géographique (IG) qui pourrait le protéger des imitations, faute d'accord sur une recette entre les fabricants, qui ont déposé depuis plus de 18 mois deux dossiers concurrents. Les puristes veulent limiter l'appellation au cube vert pur, les autres voudraient pouvoir le parfumer avec des huiles essentielles ou le mouler sous des formes fantaisie.

L'exposition du MuSaMa n'aborde pas la question, sa directrice affirmant diplomatiquement que dans ce conflit, "chacun a sa part de vérité".

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