En ce moment
 

Les avions de la Grande Guerre à l'honneur du meeting de la Ferté-Alais

L'unique exemplaire au monde encore capable de voler d'un des avions les plus redoutables de la Grande Guerre, le Spad XIII, sera à l'honneur ce week-end lors du 46e meeting aérien de la Ferté-Alais.

L'avion, qui fut piloté par les as René Fonck ou Georges Guynemer, effectuera des démonstrations en vol sur l'aérodrome de Cerny-en-Essonne, avec d'autres machines de l’époque comme le Fokker D.VII allemand ou le Bristol F-2B britannique.

Ces appareils sont entretenus par l'Amicale J.-B. Salis, qui organise ce rendez-vous annuel.

D’autres avions plus anciens encore, comme le Blériot XI ou le Deperdussin, seront également présentés.

"Ce sont les racines du pilotage. Le Spad avait une agilité plus grande en manœuvrabilité et surtout en prise de vitesse", raconte Jack Krine, figure de l'aérien en France et ancien pilote de chasse et d'avion de ligne.

"Il grimpait plus vite et quand il dégageait, on n'arriverait pas à le rattraper", poursuit l’aviateur, venu faire une démonstration à bord d'un autre modèle de l'entre deux guerres, du constructeur français Morane Saulnier.

- Hélice Eclair -

Le Spad XIII de l'Amicale J.-B. Salis est le plus vieil exemplaire connu dans le monde, et le seul capable de voler, souligne Philippe Nonin, responsable technique du meeting aérien. Selon lui, seuls une dizaine d'exemplaires, qui ne volent pas, sont encore répertoriés.

"Cette machine porte le numéro 40377. Il a 100 ans, il été fabriqué en février 1918", précise-t-il. "C'est une machine équipée de deux mitrailleuses qui tirent à travers l'hélice, c'est un des premiers avions conçus comme un système d'armes."

Cette hélice, c'est la fameuse hélice "Eclair" conçue par Marcel Bloch, devenu après-guerre Marcel Dassault et fondateur de Dassault Aviation. Pour en marquer les 100 ans, le Spad opérera à La Ferté-Alais aux côtés d'un Rafale, l'avion de combat actuel de l’armée de l'air.

Côté allemand, le rival du Spad était le Fokker D.7. Tous deux sont de redoutables avions de combat aérien, selon Jack Krine: "Ce sont des avions qui sont capables d’évolution redoutables, c’est-à-dire de la voltige de combat."

"L’aviation a toujours bénéficié des conflits", rappelle-t-il. "En quatre ans de guerre, il y a eu une évolution très, très rapide de machines plus abouties. En 14, ça volait à 60 km/h, et à la fin de la guerre, ça volait à 220 km/h !"

De fait, la Grande Guerre a permis de découvrir l'importance stratégique de l'aviation dans un conflit militaire, avec des avions qui sont passés de l’observation aérienne et du réglage de tir d’artillerie à de véritables missions offensives de bombardement et de combat aérien. "Le camp qui a la supériorité aérienne a la supériorité des forces", résume Jack Krine

Aujourd'hui, ces machines sont entretenues, choyées, remises en état par les passionnés de l'association. "C’est des grands-mères, on les protège, on en prend soin", souligne Jack Krine. L'association, "c'est un musée exceptionnel, vous avez une grande partie des avions qui ont marqué le conflit et surtout, ils sont en état de vol, ils sont vivants."

"Le Temps des Hélices", les 19 et 20 mai 2018, sera aussi l'occasion de voir des "warbirds" de légende comme les Seafury, Spitfire, P-51 Mustang de la Deuxième guerre mondiale, ou des Skyraiders, les derniers bombardiers à hélices qui ont servi durant la guerre du Vietnam.

Le public pourra également effectuer des baptêmes de l'air sur un Junkers JU52 actif au sein de la Luftwaffe, baptisé "Tante Ju" par ses pilotes, pour une ballade aérienne au-dessus de l'Essonne.

Le dimanche, la Patrouille de France effectuera une démonstration aérienne.

Les informations sont disponibles sur le site de l'amicale www.ajbs.fr

Vos commentaires