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Ex-espion empoisonné au Royaume-Uni: ce que l'on sait

Ex-espion empoisonné au Royaume-Uni: ce que l'on sait
Capture d'écran d'une vidéo de surveillance montrant Sergueï Skripal en train de faire ses courses à Salisbury, en Angleterre, le 27 février 2018-
Russie

Voici ce que l'on sait sur l'affaire Sergueï Skripal, empoisonné avec sa fille Ioulia le 4 mars au Royaume-Uni par un agent innervant:

Qui est Sergueï Skripal?

Ancien colonel du service de renseignement de l'armée russe (GRU), Sergueï Skripal, 66 ans, avait été accusé par Moscou de "haute trahison" pour avoir vendu des informations au renseignement britannique et condamné en 2006 à treize ans de prison. En 2010, il avait bénéficié d'un échange d'espions organisé entre Moscou et Washington.

Où et comment vivait-il?

L'ex-agent menait une vie apparemment sans histoires à Salisbury, paisible petite commune du sud-ouest de l'Angleterre surtout connue pour sa cathédrale. Veuf, il habitait seul un petit pavillon typique en briques rouges, fréquentait les pubs locaux et faisait ses courses à l'épicerie du coin où il aimait acheter des jeux à gratter. Mais un autre exilé russe, Valery Morozov, cité dans les médias britanniques, prétend qu'il n'avait pas arrêté ses activités et travaillait dans la cybersécurité.

Que s'est-il passé le 4 mars?

Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, 33 ans, arrivée la veille de Russie pour lui rendre visite, se garent dans le parking du centre commercial The Maltings à 13H30 GMT à bord d'une BMW. Ils vont prendre un verre au pub The Mill avant d'aller déjeuner au restaurant italien Zizzi qu'ils quittent à 15H45 GMT. A 16H15, la police reçoit un appel d'un passant qui les a vus sur un banc près du centre commercial, se trouvant mal. L'un d'eux a vomi, Skripal a les yeux vitreux et agite les mains vers le ciel. Ils sont immédiatement hospitalisés dans un état critique. Un policier, parmi les premiers à intervenir, est lui aussi pris en charge dans un état grave. La police détecte une substance toxique et effectue des prélèvements après avoir isolé la zone, fermé le restaurant et le pub.

La police a établi que Skripal et sa fille avaient eu le premier contact avec l'agent innervant au domicile de Sergueï Skripal, après avoir trouvé la plus forte concentration de l'agent sur la porte d'entrée de la maison.

L'hôpital où sont soignées les victimes a annoncé le 29 mars que l'état de Ioulia Skripal s'était amélioré et qu'elle "n'est plus dans un état critique". En revanche, son père est toujours dans un état critique mais stable. Le policier contaminé, Nick Bailey, a pu quitter l'hôpital le 22 mars. Il a affirmé que sa vie ne serait "probablement plus jamais la même".

Quelle substance a été utilisée?

Il s'agit d'un agent innervant, de type militaire, du groupe "Novitchok" ("petit nouveau" en russe) mis au point par des scientifiques soviétiques dans les années 1970-1980, en pleine Guerre froide.

"Nous n'avons pas identifié sa source exacte", a toutefois précisé mardi Gary Aitkenhead, chef du laboratoire militaire britannique de Porton Down. Il a déclaré à la chaîne de télévision Sky que la fabrication de cette substance nécessitait "des méthodes extrêmement complexes, quelque chose seulement faisable par un acteur étatique".

Qui est derrière l'empoisonnement?

Theresa May a rapidement pointé du doigt la Russie et lui a demandé des explications. Faute d'en obtenir, elle a pris des mesures de représailles, dont l'expulsion de diplomates russes, imitée par ses alliés. Moscou clame son innocence et a riposté. Au total, 300 diplomates ont été expulsés de part et d'autre, dans ce qui constitue la plus grave crise diplomatique Est-Ouest depuis la Guerre froide.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé lundi que Londres pourrait être derrière l'empoisonnement, ayant "intérêt" à détourner l'attention des électeurs britanniques du Brexit. Le chef du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a affirmé mercredi que l'affaire Skripal avait été "grossièrement fabriquée par les services spéciaux du Royaume-Uni et des Etats-Unis".

La Russie a proposé une enquête conjointe avec Londres, une proposition qualifiée de "perverse" par les Britanniques.

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