Slovaquie: les appels à des élections anticipées se multiplient

Slovaquie: les appels à des élections anticipées se multiplient

(Belga) Les appels à des élections anticipées se multipliaient ces derniers jours en Slovaquie, alors que le ministre de l'Intérieur a annoncé lundi sa démission, moins de trois semaines après l'assassinat du journaliste d'investigation Jan Kuciak. Lundi soir, au bout d'une journée d'intenses marchandages, l'un des trois partis de l'hétéroclite coalition gouvernementale issue des législatives de 2016, le Most-Hid (centre droit, formation de la minorité hongroise), s'est prononcé pour un scrutin anticipé. "C'est la seule solution" pour mettre fin à la crise, a estimé son chef Bela Bugar.

Cette solution a déjà été admise par un deuxième membre de la coalition, le Parti National Slovaque (SNS, nationaliste), mais fermement refusée par le parti à tendance social-démocrate Smer-SD du Premier ministre Robert Fico. C'est à ce même parti qu'appartient Robert Kalinak, qui a annoncé lors d'une conférence de presse qu'il démissionnait "du poste de ministre de l'Intérieur et du poste de vice-Premier ministre", dans une tentative de sauver l'exécutif en place. Son départ était demandé tant par l'opposition et à l'occasion d'importantes manifestations de rue que par le Most-Hid, qui en avait fait la condition du maintien de sa participation au gouvernement. Mais la position de ce parti a évolué au cours de la journée. Sa direction, qui en a débattu pendant sept heures, a effectivement décidé de ne pas quitter le gouvernement immédiatement, mais en même temps a déclaré vouloir convaincre ses partenaires de la coalition de tenir des élections anticipées. "Il vaut toujours mieux préparer ensemble" des élections anticipées comme partenaires au sein d'une coalition, que laisser le président arrêter la date du scrutin après la chute du gouvernement, a expliqué en substance M. Bugar. Si ces pourparlers n'aboutissent pas, le Most-Hid quittera la coalition, a-t-il ajouté. Il s'était rendu dans la soirée au siège du parti du Premier ministre. En revenant, il a déclaré aux journalistes que M. Fico "refusait de négocier sur des élections anticipées". "Nous allons négocier avec le Parti National Slovaque (SNS)", a-t-il ajouté. Comme le chef du SNS s'était déjà exprimé dans la journée en faveur d'élections anticipées, les pourparlers devraient permettre d'arrêter une position commune des deux partis pour forcer M. Fico à les accepter. (Belga)

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