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"Qu'est-ce qui a tué ma fille?": la famille de Naomi, décédée après un appel pris à la légère par le Samu, demande des réponses

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Les parents de Naomi Musenga, décédée à l'hôpital de Strasbourg fin décembre après un appel pris à la légère par le Samu, ont demandé jeudi que "justice soit faite" pour leur fille "aimée de tous", lors d'une conférence de presse.

"Que justice soit faite, c'est cela notre première préoccupation pour cette enfant qui était aimée de tous", a déclaré son père, Polycarpe Musenga, estimant avoir été "baladé" sur les circonstances de la mort de sa fille.

La mère de Naomi, Bablyne Musenga, qui a travaillé comme aide-soignante, ne comprend pas pourquoi la famille n'a pas de réponses quant au dossier médical: "Qu'est-ce qui a tué ma fille? Il n'y a pas de réponses à ça", a-t-elle déclaré.

"Pourquoi l’appel de ma fille n’a pas eu de réponse, pourquoi on n’a pas répondu à son appel, elle qui manifestait ces douleurs profondes ? Pourquoi l’autopsie n’a pas été faite à temps ?", s'interroge encore le père.


Rappel des faits

Le 29 décembre, Naomi Musenga, une jeune strasbourgeoise, mère d'une petite fille de 18 mois, est seule à son domicile quand elle est prise de violentes douleurs au ventre et compose un numéro d'urgence. D'abord transférée vers le centre d'appels des pompiers puis vers celui du Samu, elle obtient pour seul conseil de l'opératrice du Samu d'appeler SOS Médecins.

Après plusieurs heures, Naomi Musenga parvient à joindre les urgences médicales, un appel qui déclenche cette fois l'intervention du Samu. Emmenée à l'hôpital, elle est victime d'un infarctus puis transférée en réanimation avant de décéder à 17H30.

Dans l'enregistrement de son appel au Samu obtenu par sa famille et révélé par le mensuel alsacien Heb'di, on l'entend qui semble à bout de force. "J'ai mal au ventre", "J'ai mal partout", "Je vais mourir...", dit-elle en peinant à s'exprimer.


"Vous allez mourir, certainement un jour"

"Vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde", lui répond l'opératrice qui la renvoie vers SOS Médecins, retardant le déclenchement des secours.

En aparté, la jeune femme est aussi moquée par l'opératrice qui régule les appels du SAMU et celle du Centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers du Bas-Rhin. Ces derniers ont cependant assuré dans un communiqué que leurs procédures avaient été "respectées".

S'exprimant devant la presse, les avocats de la famille, Mes Mohamed Aachour et Nicole Radius, ont souligné qu'il ne s'agissait pas de "charger" l'opératrice du Samu mais de remonter "toute la chaîne" de responsabilité jusqu'au ministère de la Santé.

Une plainte pour "non-assistance à personne en danger" et "mise en danger de la vie d'autrui" sera déposée "contre X et contre les hôpitaux universitaires de Strasbourg" vendredi, a indiqué Me Aachour.

"La première analyse plaide pour une procédure de traitement d'appels qui n'est pas conforme aux bonnes pratiques, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête administrative", a indiqué à l'AFP Christophe Gautier, directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS).


"Profondément indignée"

Le 3 mai, le directeur des HUS a reçu des membres de la famille de la victime "pour leur faire part de la totale compassion de l'institution" et leur annoncer l'ouverture d'une enquête. "Nous leur devons la totale vérité sur les conditions de prise en charge par le Samu", a affirmé M. Gautier.

"Profondément indignée", la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé sur Twitter avoir demandé une enquête "sur ces graves dysfonctionnements", s'engageant à ce que la famille "obtienne toutes les informations".

"Je recevrai tous les médecins urgentistes dès la semaine prochaine pour faire le point une fois que j'aurai éclairci les différents problèmes qui se sont succédé autour de cette prise en charge", a-t-elle dit plus tard sur RTL.

"Les moyens doivent être mis en place pour avoir des régulations médicales modernes et répondant à des critères de qualité", ont déclaré dans un communiqué l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) et Samu urgences de France (SUDF).

François Braun, président de SUDF, a toutefois souligné auprès de l'AFP que la manière dont Mme Musenga avait été reçue au téléphone "n'est absolument pas un fonctionnement normal pour un Samu".

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