Trappes: un homme abattu après avoir tué sa mère et sa soeur, l'EI revendique

Trappes: un homme abattu après avoir tué sa mère et sa soeur, l'EI revendique
Attaque au couteau à TrappesJean Michel CORNU

Un homme armé d'un couteau a tué deux membres de sa famille et blessé grièvement une autre personne jeudi à Trappes (Yvelines) avant d'être abattu par la police, les autorités tentant de déterminer si cet acte aussitôt revendiqué par l'EI revêtait un caractère terroriste.

L'assaillant a tué sa soeur et sa mère au cours de cette attaque qui s'est produite jeudi matin, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Une troisième personne est gravement blessée et a été hospitalisée.

L'assaillant a été abattu par les policiers de Direction départementale de la sécurité publique (DSPP) alors qu'il sortait du pavillon où il s'était retranché, a-t-on appris auprès de sources concordantes.

"L’individu a été neutralisé", a confirmé sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui s'est rendu au commissariat de Trappes mais n'a pas fait de déclaration sur place, a constaté une journaliste de l'AFP.

Dans son tweet, le ministre avait salué la "réactivité et la mobilisation exemplaire" des forces de l’ordre qui "enquêtent d'ores et déjà pour établir les circonstances de ce drame".

Le groupe Etat islamique a peu après revendiqué l'attaque, en évoquant une attaque répondant aux "appels à cibler des ressortissants des pays de la coalition" internationale anti-EI, a indiqué l'agence de propagande du groupe Amaq.

Les autorités n'excluaient toutefois dans la matinée aucune piste concernant le mobile de l'attaque. L'assaillant était fiché pour des faits d'apologie du terrorisme remontant à 2016, selon la source proche, mais l'identité des victimes renforçait toutefois l'hypothèse d'un différend familial.

La section antiterroriste du parquet de Paris n'était pas saisie dans l'immédiat.

Sur place, les rues alentours étaient bloquées par la police, a constaté une journaliste de l'AFP. Une camionnette de déminage était déployée, et un hélicoptère survolait la zone.

Cette attaque intervient alors que la France vit depuis 2015 sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent, et a été frappée deux fois cette année au cours d'attaques qui ont fait cinq morts.

- "Reconquête républicaine" -

La vague d'attentats jihadistes en France a fait 246 tués en plus de trois ans, dont le dernier a succombé à une attaque au couteau menée par Khamzat Azimov, assaillant de 20 ans abattu par la police, dans le quartier de l'Opéra à Paris le 12 mai dernier, après celle de Trèbes en mars.

Au total, 51 attentats ont été déjoués depuis janvier 2015, a rappelé Edouard Philippe fin mars devant l'Assemblée nationale.

La France est particulièrement visée car elle fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Mi-avril, Paris a mené des frappes contre des sites de production d'armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, lors d'une opération conjointe avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Les précédentes attaques ont souvent ciblé les forces de l'ordre - policiers et militaires participant notamment à l'opération Sentinelle dans les rues de France.

Située à 30 km à l'ouest de Paris, Trappes est une ville pauvre au milieu du riche département des Yvelines. La moitié de ses 30.000 habitants a moins de 25 ans, le taux de chômage y approche les 20%, et la ville a vu une cinquantaine des siens partir combattre en Irak et en Syrie depuis 2013, selon une source antiterroriste.

Le gouvernement a placé la ville sur la liste des trente quartiers de "reconquête républicaine" impliquant des moyens et des effectifs supplémentaires pour la police.

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