Saisie de fonds publics RN: Marine Le Pen appelle les politiques à "mettre en avant leurs principes"

Saisie de fonds publics RN: Marine Le Pen appelle les politiques à
La présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN) Marine Le Pen à Nice le 1er mai 2018YANN COATSALIOU

Marine Le Pen a appelé lundi les politiques "qui se battent pour la démocratie" à "mettre en avant leurs principes" et dénoncer la saisie judiciaire de 2 millions d'euros d'aides publiques au RN, tandis que des responsables d'autres partis s'inquiétaient pour le débat public.

"J'attends qu'ils mettent en avant leurs principes (...) Que tous ceux qui se battent pour la démocratie (...) s'élèvent", a appelé la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), sur BFMTV et RMC, condamnant un "coup d'Etat des juges" dans le cadre de l'affaire des assistants présumés fictifs d'eurodéputés FN.

"Quand on a un principe (...), on le défend y compris quand il va dans l'intérêt de votre adversaire. Si demain La France insoumise était dans la situation dans laquelle nous sommes, eh bien moi je viendrais les soutenir", a-t-elle assuré.

De sources concordantes, les juges ont invoqué l'endettement du parti pour justifier cette saisie, craignant que la subvention ne serve qu'à rembourser des emprunts et soit donc indisponible pour recouvrer d'éventuelles pénalités.

"Je n'ai pas regardé techniquement la procédure, ses conséquences en tout cas me préoccupent pour le débat public", a réagi le député LR Guillaume Larrivé.

"S'ils ont commis un délit, s'ils ont commis quelque chose qui va les faire condamner, il faut attendre la condamnation pour leur prendre l'argent", a estimé le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde sur Europe 1.

"La logique dans un pays démocratique c’est malgré tout de faire en sorte que le séquestre ne menace pas l'existence même d'un parti", a estimé le Premier secrétaire du PS Olivier Faure sur la même antenne. "Mais ça n'est pas à Marine Le Pen de se victimiser. Elle doit d'abord reconnaître qu’il y a eu fraude."

De son côté Mme Le Pen a souligné que, "si jamais il n'y a pas une chambre d'instruction qui se réunit en urgence, et qui constate qu'il y a eu une violation de la loi par des juges et une violation de la Constitution, alors fin août il n'y a plus de Rassemblement national", une "nouvelle terrifiante pour notre pays mais qui va dépasser les frontières".

"Que va-t-on dire de notre démocratie?", a-t-elle interrogé.

Elle a également critiqué un Parlement européen "hors du droit": "Ils ne respectent aucune règle de droit, ils ne respectent pas le contradictoire, ils ne respectent pas la présomption d'innocence."

Vos commentaires