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Surveillants agressés à la prison du Havre: les faits requalifiés en "tentative d'assassinats terroristes"

Surveillants agressés à la prison du Havre: les faits requalifiés en
Le centre pénitentiaire du Havre, au Havre le 20 juin 2019Damien MEYER

L'agression de deux surveillants de la prison du Havre jeudi matin par un détenu condamné pour s'être rendu en Syrie dans les zones tenues par les jihadistes a été requalifiée en "tentative d'assassinats terroristes", a annoncé vendredi le parquet de Paris.

"Les premiers éléments de l'enquête", notamment des témoignages qui laissent supposer une intention homicide et une préméditation, "ont conduit la section antiterroriste du parquet de Paris à requalifier les faits en tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle", a précisé le parquet.

L'enquête avait été initialement ouverte pour des faits de droit commun, en l'occurrence "violences volontaires avec arme et sur personne dépositaire de l'autorité publique". Mais le parquet du Havre s'était rapidement dessaisi au profit de la section antiterroriste à Paris, compétente pour toutes les infractions commises par des détenus impliqués dans des affaires de terrorisme.

Les faits se sont déroulés jeudi à 07H00, à l'ouverture de la cellule. Le détenu de 25 ans avait frappé et légèrement blessé les deux agents avec un pied de la table en fer de la cellule. Ecroué en 2015, il était libérable en 2022. Selon les syndicats, il a crié à plusieurs reprises "Allah akbar". Selon le syndicat FO, il a aussi utilisé un morceau de miroir.

Le détenu avait été condamné le 26 juillet 2017 pour "association de malfaiteurs terroriste" par le tribunal de Paris à sept ans de prison, selon le parquet. Il s'agit de Mohammed Taha El Hannouni, condamné pour s'être rendu dans la zone de combats jihadiste en Syrie en 2014, selon une source proche du dossier.

Les deux surveillants agressés sont sortis de l'hôpital dans la journée de jeudi, selon la direction de l'administration pénitentiaire (DAP) et FO. En signe de protestation, leurs collègues n'ont assuré qu'un service minimum.

"On demande le transfert des détenus radicalisés dans des établissements spécialisés. Nos quartiers ne sont pas adaptés", avait déploré M. Blothiaux interrogé par l'AFP.

Selon Olivier Duval, délégué CGT au centre de détention du Havre interrogé par l'AFP, une surveillante a été blessée au bras et son collègue à l'épaule, à la jambe et au pouce.

Le détenu, qui a été rapidement maîtrisé, avait été placé en quartier disciplinaire, a indiqué la DAP, qui précise qu'il était déjà passé en quartier d'évaluation de la radicalisation.

Début mars, à Condé-sur-Sarthe (Orne), Michaël Chiolo, détenu radicalisé, avait agressé deux surveillants avec un couteau en céramique avant de se retrancher avec sa compagne pendant près de 10 heures dans une unité de vie familiale de la prison.

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