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Décès de l'historien Michel Vovelle, spécialiste de la Révolution française

Décès de l'historien Michel Vovelle, spécialiste de la Révolution française
L'historien Michel Vovelle lors de la présentation d'un livre-CD sur la Marseillaise, le 6 février 2002 au ministère de la Culture à ParisJACK GUEZ
histoire

L'historien Michel Vovelle, spécialiste de la Révolution française et auteur prolifique, est décédé samedi à Aix-en-Provence à l'age de 85 ans, a annoncé sa fille Sylvie à l'AFP.

"Michel Vovelle était un immense historien", a salué la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur Twitter. "Au fil d’une œuvre d’une rare richesse, il avait su faire vivre l’histoire de la Révolution française dans la suite d'Albert Soboul et ouvrir de nouvelles voies à l’histoire des mentalités".

Professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution française, Michel Vovelle a fait avancer l'histoire de la mort, avec notamment le classique "La mort et l’Occident de 1300 à nos jours" (Gallimard, 1983), mais aussi l'histoire de la religion, des images et de la Provence.

De nombreux historiens lui ont rendu hommage ce weekend. "Historien rigoureux, affamé d’archives, il n’en était pas moins un citoyen qui ne cacha jamais ses engagements radicaux pour la liberté, l’égalité et la fraternité", a témoigné l'historien Pierre Serna sur le site de l'association des historiens modernistes.

"Il fut un missionnaire inlassable des idées fondatrices de notre pacte républicain, qu’il défendit sans faille", a souligné Pierre Serna, qui a débuté ses recherches sous la direction du professeur Vovelle.

Membre critique du Parti communiste, Michel Vovelle avait été choisi en 1982 par Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Recherche, pour coordonner la commémoration scientifique du Bicentenaire. Une expérience dont il tirera un livre "La bataille du Bicentenaire de la Révolution française" (La Découverte, 2017).

"Nous vivons de l'héritage de la +Grande Révolution?+ de 1789, comme de celui de ses prolongements", expliquait en 2017 l'historien dans une interview à l'Humanité.

"Le projet a dû s’affirmer dans un climat politique changeant, au gré des gouvernements, se heurtant à une vive opposition de la droite, et affrontant le courant critique animé par François Furet, contestant la tradition jacobine", précisent les éditions La Découverte. Michel Vovelle fut dans ce contexte "au 1er rang de ceux qui s'opposèrent à la vision furetienne du bicentenaire de 89", lui a rendu hommage Alexis Corbière (LFI) dans un tweet.

Né le 6 février 1933 à Gallardon (Eure-et-Loir) d'une directrice d'école et d'un instituteur, Michel Vovelle a notamment étudié à l'Ecole normale supérieure à Saint-Cloud.

Agrégé d'histoire et docteur ès lettres, il enseigne l’histoire moderne à la faculté des lettres d’Aix-en-Provence puis devient professeur d’histoire de la Révolution française à l’université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, poste qu'il occupera jusqu'en 1993. Il a publié plus de trente-cinq ouvrages personnels traduits en une dizaine de langues.

En 2002, Michel Vovelle a collaboré à "Allons enfants de la Patrie..." un livre-CD sur la Marseillaise distribué dans les établissements scolaires et présentant l'histoire de l'hymne national, sa symbolique et ses nombreuses versions. Il a également guidé les plus jeunes dans le labyrinthe de la Révolution avec "La Révolution française expliquée à ma petite-fille" (Seuil).

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