Equateur: l'ex-président Correa accusé d'usage de fonds publics contre Chevron

(Belga) Le gouvernement équatorien a accusé jeudi l'ex-président Rafael Correa d'avoir dépensé dix millions de dollars de fonds publics pour financer une campagne menée par des indigènes contre le groupe pétrolier américain Chevron, condamné pour pollution.

Cela incluait la rétribution de personnalités telles que les acteurs américains Mia Farrow et Danny Glover, supposés soutenir la cause, a déclaré le secrétaire général de la présidence, Eduardo Jurado, devant la presse. Il a mis en cause la campagne "La mano sucia de Chevron" (La main sale de Chevron, ndlr) lancée en 2013 par le gouvernement Correa (2007-2017), qui a convié des personnalités politiques et des artistes à soutenir les indigènes et paysans d'Amazonie affectés par la pollution causée par Texaco, entreprise acquise par Chevron en 2001. "Le régime antérieur a souscrit pour plus de dix millions de contrats en campagnes de communication au niveau national et international. Il entendait faire croire au pays que des célébrités internationales soutenaient la cause quand en réalité elles étaient largement payées avec des fonds publics pour leur visite", a dénoncé M. Jurado. Depuis la Belgique où il vit désormais, Rafael Correa, par ailleurs cible d'un mandat d'arrêt pour sa participation présumée dans l'enlèvement d'un opposant, a réagi sur Twitter: "Dénoncer au monde 'La mano sucia de Chevron' revient à 'manipuler l'opinion publique'. Il est clair que ces traîtres ont fait un pacte avec cette entreprise corrompue et corruptrice." Selon le gouvernement actuel, Mia Farrow et Danny Glover ont reçu 188.000 et 330.000 dollars respectivement pour se rendre en Equateur et plonger leur main dans un puits de déchets toxiques, dans la province de Sucumbios (nord-est). La prix Nobel de la Paix Rigoberta Menchu, le chanteur espagnol Luis Eduardo Aute et les musiciens du groupe porto-ricain Calle 13 se sont aussi rendus dans cette région. Pablo Fajardo, avocat des indigènes et paysans, a critiqué la déclaration du secrétaire de la présidence, estimant sur Twitter, qu'"avec son opinion, il arrange le groupe pétrolier et affecte les habitants des provinces d'Orellana et Sucumbios". Après 25 ans de procédure, la Cour constitutionnelle équatorienne a en juillet dernier ratifié un jugement obligeant Chevron à verser 9,5 milliards de dollars de dédommagement aux habitants. Le groupe américain rejette la responsabilité de la pollution sur l'entreprise publique Petroecuador, avec laquelle Texaco travaillait en consortium, et refuse de payer ces dommages et intérêts, affirmant que le jugement a été obtenu suite à des fraudes et des pots-de-vin. Il a saisi une cour d'arbitrage internationale pour que les fonds soient payés par l'Etat équatorien. (Belga)

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