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GP de France: les pilotes français se souviennent

GP de France: les pilotes français se souviennent
Les coureurs automobiles français René Arnoux (g) et Jean-Pierre Jabouille avant le Grand Prix de France de Formule 1, le 1er juillet 1979 à Dijon DANIEL JANIN

A l'occasion du retour du Grand Prix de France de F1 sur le Circuit Paul Ricard du Castellet (Var) ce week-end, anciens et actuels pilotes tricolores partagent pour l'AFP leurs souvenirs des éditions passées:

. Jean-Pierre Jabouille

"J'ai eu la chance de gagner le Grand Prix de France à Dijon en 1979 avec une voiture Renault et des pneus Michelin. Tout était français, ce qui est rare, peut-être même unique ! Mais dans la voiture, je ne pensais pas à ça, uniquement à terminer la course. Je savais qu'on avait une chance si on arrivait au bout. C'était une grande fierté parce que c'est dur de gagner en F1. Un soulagement aussi parce que j'avais souvent été en tête et, à chaque fois, j'avais connu des problèmes de fiabilité. Mais je ne pouvais pas en vouloir à l'équipe car elle était jeune. On avait la performance mais on ne parvenait pas à concrétiser, et là on l'a fait. Je revois leurs visages comme si c'était hier. Quand on est en position de gagner en France, on est à 100%, pour ne pas dire 110%."

. René Arnoux

"Mon premier souvenir est ce duel mémorable avec Gilles Villeneuve en 1979 à Dijon. On mettrait les gens en prison pour ça aujourd'hui parce que c'était vraiment +hard+ (rires)! C'est un GP qui est resté dans les annales puisque, quarante ans après, tout le monde en parle encore. L'autre, c'est bien sûr quand j'ai gagné en 1982 au Paul-Ricard. Je ne crois pas qu'au GP de France on se surpasse plus qu'ailleurs. Quand j'ai gagné, la voiture marchait à merveille, j'étais en pleine forme. Ce jour-là, j'étais imbattable. C'est plus un côté émotionnel: avec la Marseillaise et ce qui va autour, c'est une journée qui vous marque. Chaque Grand Prix a la même importance mais gagner en France avec Renault, à quelques jours de mon anniversaire, c'est resté gravé dans ma tête."

. Jean Alesi

"J'ai vécu mon premier Grand Prix au Castellet en 1989. Je n'étais pas engagé pour le championnat complet, ça devait juste être une course pour remplacer un pilote chez Tyrrell. Finalement, c'est là où ma carrière de treize ans en F1 a débuté car je fais quatrième. C'était un week-end de rêve. Un Grand Prix à la maison, c'est une saveur particulière. On court sur les circuits où on a démarré dans les catégories mineures. On se sent porté d'une manière beaucoup plus importante par ses fans. On est fier d'être au départ, on se sent très proche du drapeau et on est heureux d'être français."

. Franck Montagny

"Pour moi, le Grand Prix de France a toujours été au Castellet même si, comme pilote, je l'ai connu à Magny-Cours. En grandissant à côté du circuit, ce sont mes premiers souvenirs: le soleil, les vieilles F1, les moteurs V12... On y allait avec mon père, on mettait des ficelles autour du cou car on n'avait pas de +pass+, on passait sous les grillages, il m'emmenait jusque sur la grille. Je me rappelle que j'avais mon croissant au petit déj', j'étais dans ses bras et René Arnoux m'a bouffé mon croissant! J'étais en pleurs, dégoûté. Mon père me disait +c'est René Arnoux !+ et je répondais +je m'en fous, c'est mon croissant !+ (rires)".

. Sébastien Bourdais

"Mon souvenir est aigre-doux parce que, quand je suis arrivé à Magny-Cours en 2008, il y avait tout: l'envie des Français de revoir un Français en F1, moi, un soutien énorme, toute la presse, sauf qu'on me demandait de conduire une voiture que je n'étais pas capable de conduire. D'avoir une surexposition, un sur-soutien, sachant que ça n'allait pas marcher, il n'y a rien de pire. C'était super dur à vivre. Mais le retour de la F1 en France, c'est super. On est une nation qui suit beaucoup le sport auto, il y a beaucoup de pistes, beaucoup d'événements et de ne pas avoir la F1, c'était une hérésie. J'espère que ça va perdurer".

. Romain Grosjean

"J'étais au dernier Grand Prix de France en 2008 à Magny-Cours, en catégorie GP2. C'était top ! Je me souviens de la patrouille de France, ça m'avait toujours marqué, et de ce grand drapeau bleu-blanc-rouge juste avant la chicane de la ligne de départ. Cette année, ça va être mon premier vrai Grand Prix à la maison. Ca va être cool, je pense qu'il y aura une super atmosphère et j'espère que les gens seront à fond derrière nous et qu'on aura un beau week-end. Je suis très très heureux de retourner courir sur le sol français."

. Esteban Ocon

"2006 à Magny-Cours, c'est le premier GP que j'ai été voir quand j'étais tout petit. J'étais fan de Michael (Schumacher) et il a gagné. C'est un super bon souvenir. L'ambiance qu'il y avait, c'était incroyable ! C'était tout plein, avec le bruit des voitures, c'était vraiment beau... Je n'avais pas le droit d'accéder ailleurs qu'aux tribunes, donc j'ai vécu ça comme un fan, mais tout ce que je voulais, c'était un jour disputer ce Grand Prix de France ! Je n'ai roulé que trois fois au Castellet mais j'ai fait mon premier podium là-bas et ma première victoire, donc ce sont de bons souvenirs !"

. Pierre Gasly

"Les Grand Prix de France à Magny-Cours, c'était surtout dans mon canapé quand j'étais petit ! Je n'ai jamais eu la chance d'y aller mais je me rappelle les victoires de "Schumi" ou Alonso. Je devais avoir sept ans, je venais de commencer le karting, et je me disais: +J'ai envie de faire comme eux+. A neuf ans, j'ai dit à mes parents: +Qu'est-qu'il faut que je fasse pour être champion du monde de F1 ?+ Je pense qu'à force de regarder des Grand Prix, ça m'est monté un peu à la tête (rires)."

Propos recueillis par Raphaëlle PELTIER et Thomas BACH.

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