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Internet en Chine: le grand architecte de la censure admet la contourner

Le concepteur de la "Grande muraille" informatique qui censure les sujets sensibles sur l'internet en Chine, a reconnu lui-même utiliser des moyens pour contourner les filtres en place, dans une interview publiée vendredi dans la presse.

Fang Binxing a toutefois défendu sa création, en affirmant au journal Global Times que la censure répondait à un besoin "urgent".

M. Fang, président de l'Université des postes et télécommunications de Pékin, est le père de la "Great Firewall", une expression qui pourrait se traduire en français par "Grande Muraille informatique" car elle associe les mots "Great Wall" (Grande Muraille") et "firewall" (pare-feu informatique).

Pour contourner la "Grande muraille" qui expurge le Net en Chine des sujets tels que le Tibet ou les droits de l'Homme et qui bloque par ailleurs des sites internet, les internautes chinois ont la possibilité de passer par des serveurs relais ("proxy") basés à l'étranger ou des réseaux privés virtuels (VPN).

Fang Binxing a dit utiliser six réseaux VPN, en assurant que cela lui servait seulement à tester les limites des filtres imposés en Chine.

"J'ai six VPN sur mon ordinateur chez moi", a-t-il déclaré. Mais "je ne suis pas intéressé par la lecture des informations salissantes comme ces trucs anti-gouvernementaux", a-t-il ajouté.

En décembre dernier, M. Fang s'était ouvert un compte de microblog sur le portail sina.com, un service inspiré de Twitter surveillé de près par les autorités.

Des milliers d'internautes chinois avaient saisi cette occasion pour bombarder le compte de M. Fang de commentaires lui reprochant ses mesures de contrôle. Le compte avait fermé au bout de quelques jours.

Les commentaires en question n'étaient que des "viles injures", a déclaré Fang Binxing au Global Times, expliquant les avoir subies "par sacrifice pour (son) pays".

S'ils ne se procurent pas un moyen de contournement de la censure très forte, les internautes chinois, les plus nombreux au monde (457 millions), n'ont pas accès à Facebook, Twitter, Dailymotion ou YouTube.

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