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La Syrie dénonce la position de Trump sur le Golan

La Syrie dénonce la position de Trump sur le Golan
Des panneaux pour touristes indiquant les directions de Jérusalem, Amman, Damas et Bagdad, à un poste militaire de la partie israélienne du Golan occupée, le 22 mars 2019 JALAA MAREY
Syrie, ISRAEL

La Syrie a rejeté vendredi comme "une violation flagrante du droit international" la déclaration du président américain Donald Trump en faveur d'une reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur la partie du plateau du Golan syrien occupée.

Israël a conquis en 1967 une grande partie du Golan et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. L'annonce de M. Trump a été interprétée comme un vrai coup de pouce au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l'approche des législatives du 9 avril.

"Après 52 ans, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, qui a une importance stratégique pour l'Etat d'Israël et la stabilité régionale", a tweeté M. Trump, une décision en rupture avec la position des Etats-Unis depuis des décennies.

"La position américaine sur la partie occupée du Golan syrien reflète clairement le mépris des Etats-Unis pour les règles internationales et leur violation flagrante du droit international", a déclaré une source aux Affaires étrangères syriennes citée par l'agence Sana.

Le ministère des Affaires étrangères a envoyé une lettre au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, l'appelant à réitérer le rejet par l'ONU des revendications israéliennes concernant le Golan, a ajouté Sana.

Pour le régime syrien, les déclarations de M. Trump "confirment une nouvelle fois le parti pris aveugle des Etats-Unis en faveur de l'occupation sioniste (...)". Mais elles "ne changeront rien au fait que le Golan est et restera arabe et syrien".

Le déclenchement en 2011 de la guerre en Syrie, voisine d'Israël, a attisé les tensions sur le Golan. Les tirs d'obus en provenance de la Syrie, rarement mortels, étaient fréquents ces dernières années sur le Golan, et Israël ripostait à chaque fois.

Il y a quelques semaines, Israël a accusé le Hezbollah libanais, son ennemi juré, d'établir secrètement dans la partie non occupée du Golan, un réseau militaire du mouvement allié de l'Iran, autre bête noire de l'Etat hébreu. En janvier 2015, un raid israélien ciblant le Hezbollah a tué des militaires iraniens dont un général sur le Golan.

- "Au bord d'une crise" -

La coalition des principaux groupes de l’opposition syrienne en exil a également dénoncé l'annonce de M. Trump, l'un des rares dossiers où sa position rejoint celle du régime. La déclaration américaine "va détruire toutes les chances pour rétablir la stabilité et la paix dans la région et provoquer plus de guerres et de destructions".

Au Caire, la Ligue arabe a jugé que la position de l'administration américaine était "dépourvue de toute valeur légale".

L'Egypte, proche de l'administration Trump, a elle réaffirmé dans un communiqué sa position selon laquelle "le Golan syrien est un territoire arabe occupé" et son annexion "nulle et non avenue" au regard du droit international. Elle a souligné la nécessité de respecter les résolutions de l'ONU s’agissant de "l'inadmissibilité de l'acquisition de terres par la force", sans faire directement allusion aux propos de M. Trump.

La Syrie a été suspendue par la Ligue arabe en 2011, mais plusieurs Etats arabes ont exprimé ces derniers mois leur soutien à la normalisation des relations avec le gouvernement du président Bachar al-Assad.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a estimé qu'une paix durable dans la région impliquait le retrait d'Israël de tous les territoires arabes qu'il occupe, y compris le Golan.

Bien qu'hostile à M. Assad, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que la déclaration de M. Trump "met la région au bord d'une nouvelle crise, de nouvelles tensions".

Une position partagée par la Russie, alliée du régime syrien. Pour le Kremlin, "de tels appels peuvent déstabiliser considérablement la situation (...) au Proche Orient. Pour l'instant ce n'est qu'un appel. Espérons que cela le restera".

La reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan "serait contraire au droit international" a estimé pour sa part la diplomatie française.

Dans un communiqué de son porte-parole, le quai d'Orsay a rappelé que "le Golan est un territoire occupé par Israël depuis 1967. La France ne reconnaît pas l'annexion israélienne de 1981".

L'intérêt d'Israël et de la Syrie pour le Golan est d'autant plus grand qu'il comprend d'importantes ressources hydrauliques.

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