Le Hezbollah va aider les réfugiés syriens au Liban à rentrer chez eux, annonce son chef

Syrie

(Belga) Le chef du mouvement chiite libanais du Hezbollah a annoncé vendredi la mise en place par son parti d'une structure visant à aider les réfugiés syriens au Liban à rentrer dans leur pays, alors que ce dossier sensible fait polémique au Liban.

Hassan Nasrallah, dont la puissante formation combat en Syrie au côté du régime, a dévoilé cette initiative qui doit faciliter le retour "volontaire" des réfugiés, alors que le Liban accueille quelque 1,5 million de Syriens ayant fui la guerre qui ravage leur pays depuis 2011. "Nous ne voulons forcer personne", a lancé le chef du Hezbollah lors d'une allocution télévisée, soulignant que les "liens forts" de son mouvement avec les autorités de Damas devraient faciliter le processus. "Nous allons former des listes qui seront soumises aux autorités compétentes en Syrie", a indiqué M. Nasrallah, précisant qu'en coordination avec la sûreté générale du Liban, qui gère le dossier, il espérait faire rentrer "le plus grand nombre possible de déplacés syriens, qui veulent un retour sûr et volontaire". Ces derniers mois, les autorités de Beyrouth ont fait de ce dossier une priorité, estimant qu'il fallait accélérer les retours. Jeudi, en coopération avec les autorités de Damas, elles ont organisé le départ de près de 400 réfugiés syriens installés au Liban, deuxième initiative du genre en quelques mois. "Il y aura des centres, des numéros de téléphone, des (comptes) sur les réseaux sociaux", a-t-il souligné. "Il y a une grande différence entre vivre sous une tente et revenir dans sa maison, à son champs, à son école", a-t-il lancé, assurant que son mouvement allait profiter de la saison estivale pour mener à bien sa mission. Le chef du Hezbollah a par ailleurs accusé "des instances locales et internationales de faire peur aux réfugiés" pour les dissuader de rentrer. Le ministère des Affaires étrangères libanais est récemment allé jusqu'à bloquer les demandes de permis de séjour des employés internationaux du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), accusant l'agence d'entraver le retour des Syriens. Le Hezbollah, allié stratégique de Damas et de Téhéran, s'est officiellement engagé dans la guerre en Syrie en 2013, participant à plusieurs batailles cruciales face aux rebelles et aux djihadistes. Il y a déployé plusieurs milliers de combattants et en a perdu plusieurs centaines au front. (Belga)

Vos commentaires