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Mondial-2018: VAR, acte 1, scène 1, avec la France en tête d'affiche

Mondial-2018: VAR, acte 1, scène 1, avec la France en tête d'affiche
Utilisation de l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) lors du match entre la France et l'Australie au Mondial, le 16 juin 2018 à KazanLuis Acosta
sport

C'était l'une des protagonistes les plus attendues de ce Mondial et elle est entrée en scène dès le 5e match samedi lors de France-Australie: la VAR, l'assistance-vidéo à l'arbitrage, a été utilisée pour la première fois en Coupe du Monde pour donner un penalty en faveur des Bleus, réussi par Antoine Griezmann.

C'est une spécialité française: au Mondial-2014 la technologie sur la ligne de but avait été utilisée pour la première fois en Coupe du monde pour un but accordé à la France (but contre son camp du gardien du Honduras sur une action de Karim Benzema).

Quatre ans plus tard: on a presque atteint l'heure de jeu, Griezmann est touché dans la surface des Aussies, mais le jeu continue brièvement quand l'arbitre uruguayen Andres Cunha l'interrompt. Il se dirige sur le bord pour terrain pour visionner les images. Et finalement donner un carton jaune au joueur australien fautif, Joshua Risdon, et accorder un penalty, transformé par Griezmann. La France est encore entrée dans l'histoire grâce à la technologie. Et l'emportera 2 à 1 au final.

La veille, vendredi, l'arbitre de Portugal-Espagne (3-3), l'Italien Gianluca Rocchi, avait eu recours à une "vérification sans visionnage", mais pas à l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) proprement dite, avait indiqué samedi matin la Fifa à l'AFP.

"Il y a eu une communication avec l'arbitre central sur le but de Diego Costa après un contact avec Pepe - soit il a demandé +les gars vous avez vu quelque chose?+ soit les assistants lui ont dit +C'est bon Gianluca, continue+", avait expliqué l'instance suprême du foot.

- Eviter les erreurs majeures -

La VAR est le grand pari de Gianni Infantino. Réputé "sceptique" à l'origine, le président de la Fifa s'est rapidement transformé en très ardent défenseur du dispositif et a pesé de tout son poids pour son adoption rapide.

Après des expériences dans différents tournois Fifa ainsi qu'en Serie A et en Bundesliga cette saison, le principe est désormais connu. La VAR peut être utilisée dans quatre cas de figure: après un but marqué, sur une situation de penalty, pour un carton rouge direct ou en cas d'erreur sur l'identité d'un joueur averti ou exclu.

"Il s'agit d'éviter les erreurs majeures et manifestes, pas de réarbitrer avec la technologie. L'objectif n'a jamais été de vérifier chaque incident mineur et il y aura toujours des cas où différentes opinions seront possibles", a rappelé en avril Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres Fifa.

L'accord du Board, garant des lois du jeu, annoncé au mois de mars, a ensuite permis que la VAR soit utilisée dès la Coupe du Monde en Russie.

Pour le tournoi mondial, la Fifa a fait le choix d'un seul centre opérationnel, comme en Bundesliga, qui est installé à Moscou et relié à tous les stades via un réseau de fibre optique.

- "Un arbitre qui est dehors" -

En tenue de match, les 13 arbitres VAR sélectionnés par la Fifa y opèrent accompagnés de quatre assistants et de quatre opérateurs techniques. Les 35 sifflets sélectionnés pour arbitrer sur le terrain peuvent aussi devenir VAR, pour un ou plusieurs matchs.

Malgré le manque d'expérience de plusieurs arbitres présents en Russie, qui n'ont pas eu si souvent l'occasion de se frotter à l'outil, les directeurs de jeu ont toujours publiquement assuré que la VAR était perçue comme un atout.

"Le VAR, c'est juste un arbitre qui est dehors. C'est une aide, il n'y a pas d'affect psychologique. On est très heureux d'avoir cette aide", a ainsi assuré le Gambien Bakary Papa Gassama lors d'un stage de formation en avril à Coverciano, le centre d'entraînement de la fédération italienne.

"Ca ne change pas profondément notre métier. L'arbitre sera toujours le décideur au moment de la situation. La vidéo sera une aide, un soutien, mais le décideur au départ de l'histoire c'est l'homme, et à la fin de l'histoire c'est l'homme", a de son côté rappelé le représentant français Clément Turpin, interrogé début mai par plusieurs médias, dont l'AFP.

stt-pgr-ybl-adc/el

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