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Open d'Australie: à Melbourne, Pouille reprend de la hauteur

Encore déboussolé il y a quelques semaines, Lucas Pouille, ex-N.10 mondial aujourd'hui 31e, a retrouvé son chemin et tracé sa route jusqu'en quarts de finale de l'Open d'Australie, lundi à Melbourne. Son premier depuis plus de deux ans.

Sur la Melbourne Arena, Pouille (24 ans) a maîtrisé le Croate Borna Coric (12e) en quatre sets 6-7 (4/7), 6-4, 7-5, 7-6 (7/2) en 3h15 min. Il défiera pour une place dans le dernier carré le Canadien Milos Raonic (17e), tombeur 6-1, 6-1, 7-6 (7/5) du N.4 mondial Alexander Zverev.

"C'est bon d'être de retour en quarts de finale, c'est là où je veux être", savoure-t-il.

Pouille ne s'était plus invité en quarts d'un Grand Chelem depuis qu'il s'était révélé à l'été 2016 en en atteignant deux coup sur coup, à Wimbledon puis à l'US Open. La suite ? Un huitième de finale seulement l'année suivante. Puis rien de mieux que deux troisièmes tours la saison dernière.

"2018 a été (une année) très longue, je n'attendais qu'une chose, c'est qu'elle se termine !", reconnaît-il. "Ca a vraiment été une année très compliquée".

Envie et confiance évanouies, Pouille n'est alors plus que l'ombre de lui-même. Et il finit la saison éjecté du top 30, lui qui avait brièvement intégré le top 10 en mars.

- Guidé par Mauresmo -

C'est alors qu'il décide de demander à Amélie Mauresmo, plus beau palmarès du tennis français moderne et qui a guidé auparavant Andy Murray, de devenir son entraîneur. Il ne tarde pas à en récolter les premiers fruits : moins de deux mois après le début de leur association, sa trajectoire reprend déjà de la hauteur.

Lui explique avoir "repris le goût de l'effort et de la compétition". Sur le terrain, ça se traduit notamment - même si tout n'est évidemment pas encore parfait - par une solidité retrouvée, même dans les moments importants.

Contre Coric, Pouille ne s'est pas laissé déstabiliser par la perte du premier set et ses quelques fautes commises dans le jeu décisif. Au contraire, il a progressivement mais sûrement pris le dessus sur son adversaire, qui s'est lui désuni au fil du match et a multiplié les erreurs.

Le Nordiste ne s'est toutefois pas économisé une frayeur en fin de partie, quand il a permis à Coric de revenir de 4-2 à 4-4. Mais c'est lui qui s'est montré le plus solide dans le tie-break décisif.

Avant cette édition 2019, Pouille, comme Coric, n'avait pas remporté le moindre match à Melbourne.

C'est aussi une bonne nouvelle pour le tennis masculin tricolore, qui n'avait plus connu de quart de finale en Grand Chelem depuis deux ans (Tsonga à l'Open d'Australie 2017) et qui sortait de sa pire saison depuis près de quarante ans.

- Djokovic et Serena ont eu chaud -

Raonic, son prochain adversaire, a lui éliminé Zverev en moins de deux heures. Chef de file de la jeunesse montante, l'Allemand de 21 ans peine toujours à percer en Grand Chelem. Il n'y a atteint qu'un quart de finale (Roland-Garros 2018). Son récent sacre au Masters n'y a rien changé. Face au redoutable serveur canadien, "Sascha" ne s'est pas remis de deux premiers sets "joués affreusement".

Sur la Rod Laver Arena, Novak Djokovic est lui sorti vainqueur d'une "bataille physique" de plus de trois heures face au jeune Russe Daniil Medvedev (19e, 22 ans). Comme au tour précédent, le N.1 mondial a laissé échapper un set (6-4, 6-7 (5/7), 6-2, 6-3).

"Je ne me suis jamais senti aussi frais de ma vie !", a plaisanté le Serbe. Qu'il se rassure, son prochain adversaire a souffert bien davantage : mené deux sets à zéro, Kei Nishikori (9e) a trimé pendant plus de cinq heures pour venir à bout au super tie-break de l'Espagnol Pablo Carreño (23e). En quatre matches, c'est son troisième en cinq manches !

En quête d'une 24e couronne historique en Grand Chelem, Serena Williams a elle franchi le sérieux obstacle incarné par la N.1 mondiale Simona Halep (6-0, 4-6, 6-4). Si la championne américaine n'avait lâché que neuf jeux lors de ses trois premiers tours, elle s'est retrouvée à trois reprises à un point d'être menée 4-2 dans le troisième set. Mais elle a tenu bon.

"Je suis tellement une combattante, je n'abandonne jamais, c'est vraiment en moi", a souligné Serena, qui fait à Melbourne son retour en compétition officielle quatre mois après sa finale explosive perdue à l'US Open.

Avec cette élimination, Halep, finaliste il y a un an, risque elle d'être délogée du trône de N.1 mondiale à l'issue de la quinzaine australienne.

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