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Philippines: nouvel arrêté d'expulsion pour une religieuse australienne

Philippines: nouvel arrêté d'expulsion pour une religieuse australienne
La religieuse australienne Patricia Fox allume un cierge lors d'une veillée de prière pour les prêtres catholiques assassinés, à Manille le 18 juin 2018 après l'annulation d'un arrêté d'expulsion quiTED ALJIBE

Les Philippines ont émis jeudi un nouvel arrêté d'expulsion à l'encontre de la religieuse australienne Patricia Fox, 71 ans, accusée par le président Rodrigo Duterte de s'être livrée à des activités politiques en dehors de son travail de missionnaire.

L'arrêté gouvernemental, montré à l'AFP par les avocats de la religieuse catholique, l'accuse d'avoir violé la loi philippine sur l'immigration et lui interdit de revenir aux Philippines.

La porte-parole des services de l'immigration n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de l'AFP. Les avocats de Mme Fox ont précisé à l'AFP avoir l'intention de faire appel. "Si nous faisons appel, l'arrêté n'est plus exécutoire", a assuré Me Jobert Pahilga.

De son côté, la religieuse, qui vit aux Philippines depuis 1990 et appartient à la congrégation de Notre-Dame de Sion fondée en France au XIXe siècle, a écrit dans un SMS à l'AFP : "Très triste, mais j'espère pouvoir encore le contester".

Un premier arrêté d'expulsion pris en avril à l'encontre de Mme Fox, qui avait fait appel, avait été annulé en juin par le ministère de la Justice au motif qu'il n'avait pas respecté la procédure.

Mme Fox avait été brièvement placée en état d'arrestation mi-avril sur ordre de M. Duterte pour mettre en garde les étrangers critiques envers son gouvernement.

"J'ai ordonné qu'elle fasse l'objet d'une enquête pour trouble à l'ordre public", avait-il dit. "Tu m'insultes sous couvert d'être (une religieuse) catholique et tu es un étranger! Qui es-tu? C'est une violation de souveraineté".

Ancienne avocate, Mme Fox avait alors indiqué qu'elle pensait s'être attirée le courroux présidentiel pour avoir participé en avril à une mission d'enquête sur les violations présumées des droits de l'homme commises contre des agriculteurs par les soldats qui combattent la rébellion communiste dans le sud des Philippines.

Elle s'était notamment rendue à Davao, la ville du président, auprès de paysans détenus pour possession d'explosifs et a participé à une conférence de presse donnée par des ouvriers limogés pour avoir demandé une amélioration de leur salaire et conditions de travail.

Mme Fox a démenti toute activité politique, inscrivant son action dans la défense de la justice et la paix.

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