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Réunion du G7 sur fond de confrontation avec Moscou, Téhéran et Pyongyang

Réunion du G7 sur fond de confrontation avec Moscou, Téhéran et Pyongyang
Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) lors d'une réunion de deux jours à Toronto, au Canada le avril 2018Lars Hagberg
Russie

Les ministres des Affaires étrangères du G7 se sont réunis dimanche à Toronto, au Canada, pour confirmer leur front uni face à la Russie et sonder les Etats-Unis avant des échéances cruciales sur l'Iran et la Corée du Nord.

Avant le sommet des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) les 8 et 9 juin au Québec, cette rencontre de deux jours sera suivie lundi et mardi d'une réunion des ministres de l'Intérieur et de la Sécurité toujours sur le même thème: "Construire un monde plus pacifique et plus sûr".

Les chefs de la diplomatie du G7 avaient déjà apporté mi-avril leur soutien au Royaume-Uni après l'empoisonnement, sur son sol, d'un ex-agent russe, imputé à la Russie.

A Toronto, la confrontation des Occidentaux avec Moscou, qui atteint des niveaux inégalés depuis la fin de la Guerre froide, est notamment à l'ordre du jour d'une session de travail sur le "renforcement de la démocratie contre les ingérences étrangères" -- une allusion claire au rôle attribué à la Russie de Vladimir Poutine lors des élections aux Etats-Unis ou en Europe.

"Nous ne devrions jamais nous montrer faibles face au président Poutine", a estimé le chef de l'Etat français Emmanuel Macron depuis Paris, avant de s'envoler pour Washington à la rencontre de son homologue américain Donald Trump. "C'est un homme très fort", "quand vous êtes faibles, il s'en sert" pour "fragiliser nos démocraties", a-t-il ajouté dans un entretien diffusé dimanche sur la chaîne américaine Fox News, tout en assurant "respecter" le maître du Kremlin.

Autre message à la Russie, les ministres ont "réaffirmé" leur "unité en soutien de l'Ukraine", de sa "souveraineté" et de son "intégrité territoriale", selon un tweet de la diplomatie canadienne.

Un peu plus d'une semaine après les frappes menées par Washington, Paris et Londres contre le régime syrien en réponse à une attaque chimique présumée près de Damas, la Syrie est aussi au coeur des débats avec toujours, en toile de fond, la relation avec les Russes.

Les Occidentaux tentent de conjuguer mises en garde contre le Kremlin pour son soutien à Bachar al-Assad et tentatives de relance d'un processus diplomatique après sept années de conflit, qui passent forcément par un dialogue avec Moscou. Mais la stratégie des Etats-Unis inquiète aussi leurs alliés depuis que Donald Trump a annoncé son intention de retirer les troupes américaines dès que possible.

- "Pas de plan B" -

Deux autres grands dossiers diplomatiques font l'objet de discussions intenses.

D'abord la Corée du Nord, à l'approche d'un sommet historique, d'ici début juin en théorie, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, censés parler, après des mois d'escalade, d'une "dénucléarisation" de la péninsule coréenne.

Ensuite l'Iran, alors que le président américain doit aussi décider, d'ici le 12 mai, s'il "déchire" ou pas l'accord de 2015 conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l'empêcher de se doter de la bombe atomique.

Une menace à laquelle le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a riposté samedi depuis New York en avertissant que Téhéran reprendra "vigoureusement" l'enrichissement d'uranium en cas de rupture de l'accord et adoptera des "mesures drastiques".

Donald Trump réclame, pour le préserver, que la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, signataires européens de ce texte jugé historique à l'époque mais que lui considère laxiste, proposent des solutions pour le durcir.

En marge du G7, le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a fait part au secrétaire d'Etat américain par intérim John Sullivan de son "inquiétude" quand au sort de l'accord iranien. Les deux hommes devaient poursuivre leurs tractations lors d'une réunion dimanche en fin d'après-midi avec leurs homologues français Jean-Yves Le Drian et allemand Heiko Maas.

"Nous avons beaucoup progressé mais le compte n'y est pas encore", a prévenu, avant ce point d'étape, un haut responsable américain interrogé par des journalistes.

Le sujet sera ensuite sur la table lors de la visite d'Emmanuel Macron de lundi à mercredi à Washington, où il demandera à Donald Trump de rester dans l'accord iranien tant qu'il n'a pas de "meilleure option pour le nucléaire". A ce stade, il n'y a "pas de plan B", a-t-il mis en garde sur Fox News.

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